<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convoiter l'impossible</title>
	<link>http://athena.henri-maler.fr/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.henri-maler.fr/spip.php?id_rubrique=1&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Convoiter l'impossible</title>
		<url>https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L144xH190/siteon0-0bf5e.jpg?1726251026</url>
		<link>http://athena.henri-maler.fr/</link>
		<height>190</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos d'un texte de St&#233;phane Beaud et G&#233;rard Noiriel : critique des impasses ou impasses d'une critique ?</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/A-propos-d-un-texte-de-S-Beaud-et-G-Noiriel-critique-des-impasses-ou-impasses-d.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/A-propos-d-un-texte-de-S-Beaud-et-G-Noiriel-critique-des-impasses-ou-impasses-d.html</guid>
		<dc:date>2024-12-26T17:45:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Ugo Palheta</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;O&#249; il est question d'un article publi&#233; par &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; de janvier 2020 sous le titre &#171; Impasses des politiques identitaires &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L150xH120/arton62-f8a26.jpg?1726250900' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La contribution qui suit a &#233;t&#233; publi&#233;e initialement &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/beaud-noiriel-race-classe-identite-gauche/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de Contretemps&lt;/a&gt; le 6 f&#233;vrier 2021.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un article de St&#233;phane Beaud et G&#233;rard Noiriel, publi&#233; par &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; de janvier 2020 sous le titre &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/BEAUD/62661&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Impasses des politiques identitaires &#187;&lt;/a&gt;, a suscit&#233; d'intenses controverses et des appropriations int&#233;ress&#233;es, notamment de la part de m&#233;dias (&lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;), d'id&#233;ologues (par exemple Laurent Bouvet) ou de collectifs (le Printemps r&#233;publicain) qui se sont sp&#233;cialis&#233;s depuis longtemps dans la disqualification des mouvements antiracistes au nom de la &#171; R&#233;publique &#187; et de sa sauvegarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discuter la contribution de S. Beaud et G. Noiriel est n&#233;cessaire, non seulement en raison des enjeux, de la grande valeur de leurs travaux respectifs,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment sur l'histoire de l'immigration et de la x&#233;nophobie pour l'un, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mais aussi de leur engagement tenace en faveur d'une science sociale critique des rapports de domination. Or, dans le cas pr&#233;sent, force nous est d'admettre, comme on dit, que le compte n'y est pas. On se bornera ici &#224; se tenir au plus pr&#232;s de l'article publi&#233; pour en discuter la d&#233;marche et les pr&#233;suppos&#233;s, sans omettre que l'article en question est extrait d'un livre qui vient de para&#238;tre, plus pr&#233;cis&#233;ment de son introduction et de sa conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est, pr&#233;sent&#233;e avec nuance, l'id&#233;e directrice de ce texte ? Que les revendications de minorit&#233;s et des mouvements pr&#233;tendant en d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts (revendications et mouvements h&#226;tivement qualifi&#233;s d' &#171; identitaires &#187;) menacent d'enfermer les acteurs qui les d&#233;fendent, en les rendant prisonniers de pr&#233;tendues &#171; politiques identitaires &#187;, jamais d&#233;finies en tant que telles et r&#233;duites &#224; un d&#233;nominateur commun imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Amalgames&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les acteurs des &#171; politiques &#187; mises en cause ? Faute de les distinguer, l'article amalgame des chercheurs et universitaires (auxquels est r&#233;serv&#233; le titre d'&#171; intellectuels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera &#224; ce propos que, hormis Pascal Blanchard (mais qui n'est pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), des organisations et mouvements (qui ne sont jamais clairement identifi&#233;s alors qu'ils sont tr&#232;s divers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La lecture du livre montre d'ailleurs que, &#224; rebours de leur pr&#233;tention &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ou encore des mobilisations et des actions (dont ne sont retenus que des &#171; coups de forces ultraminoritaires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Beaud et G. Noiriel &#233;crivent ainsi : &#171; D'o&#249; la multiplication des actions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Cet amalgame permet de construire &#224; peu de frais des &#171; politiques identitaires &#187; globalis&#233;es comme si elles pr&#233;tendaient toutes &#224; la d&#233;finition de politiques globales et alors m&#234;me que la quasi-totalit&#233; de celles et ceux qui sont (ou semblent) vis&#233;s se r&#233;clament de l'&#233;galit&#233; et non d'une quelconque &#171; identit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit d'ailleurs &#224; quel point le pari de S. Beaud et G. Noiriel de se tenir sur un plan purement scientifique ne tient pas puisqu'ils reprennent, l&#224; encore sans discussion, une expression &#8211; &#171; identitaire &#187; &#8211; extr&#234;mement probl&#233;matique et qui n'est nullement issue du champ scientifique mais de pol&#233;miques m&#233;diatiques et politiques. Ainsi parlent-ils de &#171; politiques identitaires &#187;, ou dans leur livre de &#171; gauche identitaire &#187; (p. 17 de leur livre), sans s'interroger sur la valeur scientifique d'une telle notion, qui tend &#224; amalgamer des courants qui revendiquent la d&#233;fense d'une &#171; identit&#233; &#187; europ&#233;enne qu'ils jugent menac&#233;e (en l'occurrence des mouvements d'extr&#234;me droite, bien souvent n&#233;ofascistes), d'autres qui utilisent la notion d'&#171; identit&#233; &#187; pour critiquer les assignations identitaires, et d'autres encore qui usent d'une rh&#233;torique de l'&#171; identit&#233; &#187; dans une perspective de revalorisation symbolique de groupes subalternes. Peut-on v&#233;ritablement se d&#233;barrasser de ces diff&#233;rences d'usages en se contentant d'affirmer que tous &#171; parlent le m&#234;me langage &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symptomatique de ce sch&#233;matisme, S. Beaud et G. Noiriel renvoient dos-&#224;-dos la p&#233;tition intitul&#233;e &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/030720/pour-une-republique-francaise-antiraciste-et-decolonialisee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Manifeste pour une R&#233;publique fran&#231;aise antiraciste et d&#233;colonialis&#233;e &#187;&lt;/a&gt; diffus&#233;e par &lt;i&gt;Mediapart &lt;/i&gt;le 3 juillet 2020, et l'&lt;a href=&#034;https://www.questionsociale.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Appel contre la racialisation de la question sociale &#187;&lt;/a&gt;, initialement publi&#233; par &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; le 26 juillet 2020. Avec cette cons&#233;quence : attribuer aux signataires de la premi&#232;re p&#233;tition l'objectif de &lt;i&gt;&#171; d&#233;fendre un projet politique focalis&#233; sur les questions raciales et d&#233;coloniales occultant les facteurs sociaux &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce disant, S. Beaud et G. Noiriel leur pr&#234;tent un projet politique global alors que les signataires interviennent ici exclusivement contre l'effacement de l'histoire coloniale et esclavagiste dont t&#233;moignent notamment les violences polici&#232;res (&lt;a href=&#034;https://www.jefklak.org/la-race-tue-deux-fois/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dont les victimes sont tr&#232;s souvent issues de l'immigration postcoloniale&lt;/a&gt;). Comment peut-on n&#233;gliger que nombre de ces signataires interviennent de longue date contre les politiques de classe qui accroissent les in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques et d&#233;gradent les conditions de vie des classes populaires ? Et comment peut-on &#233;voquer une pr&#233;tendue occultation des facteurs sociaux en laissant ainsi entendre que la question raciale ne rel&#232;verait pas de m&#233;canismes sociaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux auteurs affirment &#224; de multiples reprises dans l'article et surtout (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou ne serait pas une composante de la question sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, S. Beaud et G. Noiriel passent ici sous silence l'universalisme abstrait de l'appel publi&#233; &lt;i&gt;par Marianne&lt;/i&gt; : un universalisme qui sous couvert de la proclamation d'une universalit&#233; de droits &#233;gaux dissimulent les oppressions et occultent des discriminations et s&#233;gr&#233;gations structurelles que sociologues, &#233;conomistes ou d&#233;mographes n'ont pourtant aucune peine &#224; mettre en &#233;vidence quand on leur en donne les moyens statistiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourra notamment lire la synth&#232;se propos&#233;e par Mirna Safi : Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme si l'universalit&#233; concr&#232;te n'&#233;tait pas encore &#224; conqu&#233;rir et pouvait l'&#234;tre sans mobilisations men&#233;es &#224; partir de ces situations d'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette mise en sc&#232;ne pol&#233;mique permet &#224; nos auteurs de d&#233;plorer, en des termes un tantinet m&#233;prisants, une suppos&#233;e gu&#233;guerre entre deux &#171; camps &#187; qui menacerait la position de surplomb d'universitaires d&#233;fendant l'ind&#233;pendance de la recherche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut pr&#233;ciser que les &#171; camps &#187; qu'&#233;voquent S. Beaud et G. Noiriel sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Ces affrontements identitaires, o&#249; chaque camp mobilise sa petite troupe d'intellectuels, placent les chercheurs qui d&#233;fendent l'autonomie de leur travail dans une position impossible &#187; &lt;/i&gt;Sans nier la tension qui peut exister entre la recherche th&#233;orique et l'intervention politique, on voit mal en quoi la mobilisation politique de chercheurs menacerait l'ind&#233;pendance de leur recherche, ou comment celle-ci serait garantie par le refus d'intervenir directement dans le d&#233;bat politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce n'est d'ailleurs pas, semble-t-il, la position qu'avait adopt&#233;e le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on ne peut s'emp&#234;cher de relever cet &#233;trange paradoxe : publier dans un mensuel journalistique un extrait (discutable) est le type m&#234;me d'intervention politique que S. Beaud et G. Noiriel r&#233;cusent, alors que le second, dans une &lt;a href=&#034;https://noiriel.wordpress.com/2021/01/14/les-intellectuels-a-lheure-des-reseaux-sociaux/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;note de son blog&lt;/a&gt;, attribue un malentendu au titre choisi par &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; M&#234;me si le titre qu'a choisi la r&#233;daction du Monde Diplomatique (&#8221;Impasses des politiques identitaires&#8221;) a pu inciter une partie des lecteurs &#224; penser que notre propos &#233;tait politique, ce que je regrette pour ma part, il suffit de le lire s&#233;rieusement pour comprendre que notre but est justement d'&#233;chapper &#224; ce genre de pol&#233;miques st&#233;riles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme si le &#171; propos &#187; de cet extrait n'avait rien de &#171; politique &#187;, m&#234;me en un sens minimal, dans la mesure o&#249; il renvoie &#224; des options politiques et critique d'autres options politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Qu'auraient donc en commun les acteurs qui, &#224; des titres divers, rompent avec l'universalisme (abstrait) ? S. Beaud et G. Noiriel l'affirment : leur sous-estimation ou leur ignorance des d&#233;terminations de classe des discriminations et des oppressions subies par des minorit&#233;s en raison de leurs origines, de leurs couleurs de peau et/ou de leur religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;videmment inexact s'agissant des universitaires et chercheurs qui, en France, font plus ou moins r&#233;f&#233;rence &#224; l'intersectionnalit&#233; sans n&#233;gliger, bien au contraire, les d&#233;terminations de classe. C'est totalement r&#233;ducteur s'agissant de nombre de militant&#183;es, de mouvements et d'organisations en lutte contre le racisme qui n'ignorent pas que l'oppression raciale s'imbrique avec l'exploitation de classe. C'est unilat&#233;ral s'agissant des mobilisations de masse les plus r&#233;centes. C'est abusivement simplificateur s'agissant des revendications d'appartenance d'habitants des quartiers populaires, souvent parfaitement conscients de l'existence d'in&#233;galit&#233;s de classe dont ils sont les victimes ; m&#234;me si cette conscience s'exprime parfois dans un langage davantage territorial (le &#171; quartier &#187;) qu'&#233;conomique, cela sans doute en raison m&#234;me du ch&#244;mage qui s&#233;vit si fortement parmi les jeunes de ces quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Raccourcis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Mais d'o&#249; vient l'importance prise par les affrontements dont S. Beaud et G. Noiriel d&#233;noncent le simplisme ? D'o&#249; viennent, en particulier, face &#224; un universalisme proclam&#233; mais largement d&#233;menti, l'adh&#233;sion d'in&#233;gale intensit&#233; de minorit&#233;s opprim&#233;es &#224; des appartenances particuli&#232;res et leur participation &#224; des mobilisations sp&#233;cifiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;vocation du nouveau monde m&#233;diatique est mise au service d'une critique de la pr&#233;tendue &#171; am&#233;ricanisation du d&#233;bat public &#187;. Cette critique emprunt&#233;e sans discernement au bavardage m&#233;diatique fait office d'explication de la centralit&#233; qu'aurait acquise la d&#233;nonciation du racisme dans le d&#233;bat public, imputable de surcro&#238;t &#224; des &#171; &#233;motions &#187;. Alors que la contestation et les mobilisations correspondantes sont, en France, g&#233;n&#233;ralement minor&#233;es, marginalis&#233;es, d&#233;form&#233;es, voire tra&#238;n&#233;es dans la boue dans les grands m&#233;dias audiovisuels et par la presse de droite (qu'on pense &#224; la marche contre l'islamophobie du 10 novembre 2019 ou des mobilisations contre les violences polici&#232;res de l'&#233;t&#233; 2020), S. Beaud et S. Noiriel ne craignent pas d'affirmer :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Le racisme &#233;tant aujourd'hui l'un des sujets politiques les plus aptes &#224; mobiliser les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#233;motions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; des citoyens, on comprend pourquoi sa d&#233;nonciation &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;occupe une place de plus en plus centrale dans les m&#233;dias.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quels m&#233;dias, si l'on excepte la presse ind&#233;pendante et les &#171; r&#233;seaux sociaux &#187; dont l'audience est minoritaire ? Quelle &#233;tude empirique, m&#234;me sommaire, permet &#224; des chercheurs attach&#233;s &#224; de telles &#233;tudes d'affirmer cette pr&#233;tendue centralit&#233; de la d&#233;nonciation du racisme dans les m&#233;dias ? Cela d'autant plus que la plupart des travaux scientifiques sur la question des discriminations raciales sont &#224; peu pr&#232;s inconnus de la plupart des journalistes comme des responsables politiques, que les chercheurs&#183;ses travaillant sur ces questions sont rarement sollicit&#233;&#183;es par les m&#233;dias de grande &#233;coute et que cette question est loin d'&#234;tre au c&#339;ur de l'agenda politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne prendre qu'un exemple, a-t-on jamais vu les in&#233;galit&#233;s ethno-raciales constituer un point sur lequel on interroge les candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es ? La dimension raciale des violences polici&#232;res est-elle v&#233;ritablement discut&#233;e dans les m&#233;dias de grande &#233;coute ? Au contraire, les pol&#233;miques m&#233;diatis&#233;es sont polaris&#233;es par une d&#233;bauche de mots vides ou vid&#233;s de tout contenu pr&#233;cis mais sans cesse &#226;nonn&#233;s par lesdits journalistes et responsables politiques : &#171; communautarisme &#187;, &#171; s&#233;paratisme &#187;, &#171; racialisme &#187; ou encore &#171; indig&#233;nisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pol&#233;miques m&#233;diatis&#233;es sont m&#234;me parvenues &#224; s'emparer de la mobilisation mondiale de l'&#233;t&#233; 2020 contre les crimes racistes commis par la police et &#224; s'enflammer autour d'un pr&#233;tendu &#171; racisme anti-blanc &#187;. De m&#234;me, on a vu un ancien joueur de foot, Lilian Thuram, &#234;tre r&#233;guli&#232;rement accus&#233; de &#171; racisme anti-blanc &#187; pour avoir point&#233; des formes de racisme profond&#233;ment ancr&#233;es dans les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes. Les associations et les mobilisations les plus incisives sont malmen&#233;es, tandis que les &#171; d&#233;bats vraiment faux &#187; prolif&#232;rent, sans impliquer ni atteindre les premiers concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant &#224; la m&#233;diatisation des &#171; pol&#233;miques identitaires dans le d&#233;bat public &#187; que S. Beaud et G. Noiriel attribuent les revendications d'appartenance d'une partie des jeunes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &#201;tant donn&#233; l'importance prise par les pol&#233;miques identitaires dans le d&#233;bat public,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; il n'est pas surprenant qu'une partie de ces jeunes puissent exprimer leur rejet d'une soci&#233;t&#233; qui ne leur fait pas de place en privil&#233;giant les &#233;l&#233;ments de leur identit&#233; personnelle que sont la religion, l'origine ou la race (d&#233;finie par la couleur de peau). &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;, &#224; l'&#233;vidence, attribuer une importance disproportionn&#233;e au &#171; d&#233;bat public &#187; dans la mani&#232;re dont les individus se repr&#233;sentent le monde social. Sans doute les cat&#233;gories produites et diffus&#233;es dans l'espace public par ses principaux tenanciers &#8211; les porte-voix journalistiques et politiques &#8211; n'ont-elles pas une influence n&#233;gligeable. La r&#233;f&#233;rence aux cat&#233;gories diffus&#233;es dans l'espace public est bien souvent n&#233;gative et r&#233;active : c'est g&#233;n&#233;ralement parce que les musulman&#183;es sont pris&#183;es &#224; partie dans des m&#233;dias de grande &#233;coute qu'ils ou elles sont amen&#233;&#183;es &#224; se revendiquer comme tel&#183;les. Mais surtout, on peut penser que c'est l'exp&#233;rience directe des s&#233;gr&#233;gations ethno-raciales (dans les villes, &#224; l'&#233;cole ou au travail) par des groupes sociaux qui, g&#233;n&#233;ralement, n'ont pas acc&#232;s aux m&#233;dias qui est ici d&#233;terminante. Elle ne nourrit pas, ou pas seulement, des opinions mal fond&#233;es en attente de validation par des chercheurs forts d'une ind&#233;pendance proclam&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Cette &#171; explication &#187; par le r&#244;le du d&#233;bat public est confort&#233;e par une autre. S. Beaud et G. Noiriel connaissent fort bien &#8211; &#224; la diff&#233;rence des indign&#233;s mobilis&#233;s par &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; &#8211; les discriminations subies par ces jeunes. Mais quand ils n'affirment pas qu'ils seraient d'autant plus &#233;motifs qu'ils sont livr&#233;s &#224; une m&#233;diatisation imaginaire, ils attribuent leurs revendications d'appartenance (dont ils pr&#233;sument parfois qu'elles seraient exclusives d'autres appartenances) &#224; des d&#233;ficits en capital &#233;conomique et culturel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Malheureusement, les plus d&#233;munis d'entre eux sont priv&#233;s, pour des raisons socio-&#233;conomiques, des ressources qui leur permettraient de diversifier leurs appartenances et leurs affiliations. &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne pas dire plus clairement que ces &#171; d&#233;ficits &#187; r&#233;sultent des discriminations &#8211; o&#249; se m&#234;lent une vari&#233;t&#233; de facteurs et de m&#233;canismes (de classe, de race, de territoires, de genre, etc.) &#8211; qu'ils subissent et qu'ils connaissent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les risques d'isolement, voire d'enfermement, existent sans doute, mais ils r&#233;sultent pour une part essentielle des discriminations elles-m&#234;mes, si bien que lutter contre ces risques passe en premier lieu par une lutte pied &#224; pied contre ces discriminations et contre l'ensemble des m&#233;canismes d'inf&#233;riorisation sociale subis par celles et ceux qui cumulent le fait d'&#234;tre issu&#183;es des classes populaires et de l'immigration postcoloniale. Or S. Beaud et G. Noiriel nous offrent, en guise d'analyse de ces risques, une longue citation de Michael Walzer sur des impasses rencontr&#233;es par le nationalisme noir des ann&#233;es 1960 aux &#201;tats-Unis, qu'il &#233;tend (sans nuances) au mouvement &#171; Black Lives Matters &#187; pour d&#233;plorer l'incapacit&#233; &#224; nouer des alliances avec d'autres minorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; il r&#233;sulterait que les risques ind&#233;niables d'isolement sont attribu&#233;s &#224; la minorit&#233; concern&#233;e, alors cette longue citation n'&#233;voque m&#234;me pas l'implacable r&#233;pression des mouvements noirs par le pouvoir politique &#233;tats-unien (allant jusqu'au meurtre des principaux dirigeants de ces mouvements) mais aussi les politiques de cooptation des &#233;lites noires, notamment au sein du Parti D&#233;mocrate. En outre, il est pour le moins audacieux, notamment de la part de chercheurs qui pr&#233;tendent s'&#233;lever au-dessus du sens commun et fonder leurs affirmations sur des enqu&#234;tes, de transposer sans examen (et sans enqu&#234;te) l'explication de M. Walzer &#224; la situation fran&#231;aise ; d'autant plus que ce dernier ne saurait en aucun cas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un sp&#233;cialiste de ces questions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, S. Beaud et G. Noiriel inversent les rapports de causes &#224; cons&#233;quences, comme si les &#171; politiques identitaires &#187;, davantage postul&#233;es que constat&#233;es (en particulier dans le cas fran&#231;ais), r&#233;sultaient en premier lieu des limites des mobilisations antiracistes elles-m&#234;mes, et non de l'incapacit&#233; ou du refus du mouvement syndical et des gauches politiques &#224; s'emparer de revendications et d'aspirations l&#233;gitimes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faudrait d'ailleurs aller plus loin et analyser le r&#244;le qu'a jou&#233; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au d&#233;tour d'une phrase, pourtant, on peut lire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;En outre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, ces g&#233;n&#233;rations sociales ont d&#251; faire face politiquement &#224; l'effondrement des espoirs collectifs port&#233;s au XXe si&#232;cle par le mouvement ouvrier et communiste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quand le fondamental devient surplus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est d&#233;cisif en effet, par-del&#224; &#171; l'effondrement des espoirs collectifs &#187;, c'est la capacit&#233; d'inscrire dans une perspective g&#233;n&#233;rale des combats qui menacent de rester morcel&#233;s sans que ce morcellement soit imputable aux pr&#233;tendues &#171; politiques identitaires &#187; : un morcellement qui concerne en r&#233;alit&#233; toutes les luttes sociales, y compris celles port&#233;es par le mouvement ouvrier &#171; traditionnel &#187; et, notamment, par les syndicats. Les appartenances &#224; des minorit&#233;s opprim&#233;es qui se revendiquent et se mobilisent comme telles ne sont pas des substituts ou des d&#233;rivatifs par rapport &#224; d'autres appartenances ou mobilisations qui seraient prioritaires. Ce sont les composantes &#8211; potentielles et r&#233;elles &#8211; d'un combat englobant ; mais il ne peut &#234;tre englobant qu'&#224; condition de les inclure &#224; part enti&#232;re dans une politique d'&#233;mancipation qui reste &#224; inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt; et U&lt;strong&gt;go Palheta&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment sur l'histoire de l'immigration et de la x&#233;nophobie pour l'un, et sur les transformations de la classe ouvri&#232;re (avec M. Pialoux) ainsi que les trajectoires des jeunes issus des classes populaires pour l'autre. Voir notamment : G. Noiriel, &lt;i&gt;Longwy, Immigr&#233;s et prol&#233;taires (1880-1980)&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1984 ; G. Noiriel, &lt;i&gt;Le Creuset fran&#231;ais, &lt;/i&gt;Paris, Seuil, 1988&lt;i&gt; &lt;/i&gt; ; G. Noiriel, &lt;i&gt;Immigration, antis&#233;mitisme et racisme en France (XIXe-XXe si&#232;cle). Discours publics, humiliations priv&#233;es&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2007 ; S. Beaud et M. Pialoux, &lt;i&gt;Retour sur la condition ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1999 ; S. Beaud, &lt;i&gt;80% au bac&#8230; et apr&#232;s ?, &lt;/i&gt;Paris, La D&#233;couverte, 2002 ; S. Beaud et M. Pialoux, &lt;i&gt;Violences urbaines, violence sociale. Gen&#232;se des nouvelles classes dangereuses&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera &#224; ce propos que, hormis Pascal Blanchard (mais qui n'est pas universitaire), le livre &lt;i&gt;De la question sociale &#224; la question raciale ?&lt;/i&gt; dirig&#233; par Eric Fassin et Didier Fassin (mais qui date de 2006), Pap N'Diaye et Patrick Simon (mais dont les travaux ne sont pas discut&#233;s par S. Beaud et G. Noiriel), presque aucun travail empirique de chercheurs&#183;ses en sciences sociales travaillant en France sur la question des in&#233;galit&#233;s et des s&#233;gr&#233;gations ethno-raciales n'est discut&#233; ou m&#234;me &#233;voqu&#233; dans un livre pourtant intitul&#233; &lt;i&gt;Race et sciences sociales&lt;/i&gt; : pour ne prendre que quelques exemples ni Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed (sur la question de l'islamophobie notamment), ni Mirna Safi ou Edmond Pr&#233;teceille (en particulier sur la question de la dimension ethno-raciale de la s&#233;gr&#233;gation urbaine), ni Georges Felouzis, Mathieu Ichou ou Ya&#235;l Brinbaum (sur la question des in&#233;galit&#233;s ethno-raciales &#224; l'&#233;cole), ni Romain Aeberhardt, Ir&#232;ne Fournier, Dominique Meurs, Ariane Pailh&#233;, Roland Rathelot Roxane Silberman et Patrick Simon (sur la question des in&#233;galit&#233;s ethno-raciales dans l'acc&#232;s &#224; l'emploi), ni Nicolas Jounin ou Elisa Palomares (sur les assignations raciales au travail ou les r&#233;sistances &#224; ces assignations), ni Fabien Jobard et Ren&#233; L&#233;vy (sur la question du profilage racial dans l'activit&#233; de la police), ni plus r&#233;cemment Sol&#232;ne Brun (sur la question de la dimension ethno-raciale de la socialisation. Ces travaux menacent-ils l'autonomie du champ scientifique ? On peut en douter. Minorent-ils la dimension de classe des ph&#233;nom&#232;nes sociaux ? Peut-&#234;tre, mais il faudrait le d&#233;montrer et, pour cela, les discuter.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La lecture du livre montre d'ailleurs que, &#224; rebours de leur pr&#233;tention &#224; s'&#233;lever au-dessus du sens commun (et notamment du sens commun militant), les deux auteurs se contentent de reprendre sans examen (p. 172-173) une opposition binaire d'origine essentiellement militante entre des mouvements qui seraient centr&#233;s sur la question de la classe (le MIB par exemple, Mouvement de l'immigration et des banlieues) et d'autres qui seraient &#171; identitaires &#187; (le MIR devenu PIR, Parti des indig&#232;nes de la R&#233;publique). L'histoire des luttes de l'immigration et des mouvements antiracistes, des ann&#233;es 1970 &#224; nos jours, montre que les choses sont certainement beaucoup plus complexes, le MIB par exemple reprenant &#224; son compte la notion de &#171; racisme institutionnel &#187; d&#232;s la fin des ann&#233;es 1990, et le PIR de son c&#244;t&#233; n'ignorant pas la question de la classe. Par ailleurs, comment classer dans un tel sch&#233;ma le Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) ou aujourd'hui le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) : &#171; classiste &#187; ou &#171; identitaire &#187; ? Sur le MTA, voir : A. Hajjat, &#171; L'exp&#233;rience politique du Mouvement des travailleurs arabes &#187;, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, mai 2006, n&#176;16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Beaud et G. Noiriel &#233;crivent ainsi : &#171; D'o&#249; la multiplication des actions spectaculaires, comme celles des militants qui interdisent des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre au nom du combat antiraciste. La complaisance des journalistes &#224; l'&#233;gard de ce type d'action alimente des pol&#233;miques qui divisent constamment les forces progressistes. Alors que la libert&#233; d'expression et l'antiracisme avaient toujours &#233;t&#233; associ&#233;s jusqu'ici par la gauche, ces coups de force ultraminoritaires finissent par les opposer l'une &#224; l'autre. Ce qui ouvre un v&#233;ritable boulevard aux conservateurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les deux auteurs affirment &#224; de multiples reprises dans l'article et surtout dans leur ouvrage &#8211; mais sans jamais le d&#233;montrer ! &#8211; que nombre de chercheurs et mouvements succomberaient &#224; un tropisme &#171; identitaire &#187; en se focalisant exclusivement sur la &#171; race &#187; ou la question raciale, au d&#233;triment de la classe (ou pour les mouvements en refusant des solidarit&#233;s ou alliances de classe). Pour notre compte, nous ne connaissons pas de chercheurs&#183;ses travaillant sur les in&#233;galit&#233;s ethno-raciales qui auraient affirm&#233; que les propri&#233;t&#233;s ethno-raciales primeraient sur tout autre facteur, et notamment sur les propri&#233;t&#233;s de classe. En revanche S. Beaud et G. Noiriel ont affirm&#233; &#224; plusieurs reprises la primaut&#233; des propri&#233;t&#233;s de classe sur les propri&#233;t&#233;s ethno-raciales. Plut&#244;t qu'une sorte de &#171; match de variables &#187;, il s'agirait plut&#244;t de se demander comment ces diff&#233;rentes propri&#233;t&#233;s agissent dans des contextes sp&#233;cifiques, bien souvent de mani&#232;re imbriqu&#233;e d'ailleurs, aussi bien dans la formation des in&#233;galit&#233;s que des identit&#233;s. On notera par ailleurs qu'il y a quelque chose d'&#233;trange &#224; refuser l'ing&#233;rence dans l'activit&#233; de recherche scientifique de consid&#233;rations ext&#233;rieures &#224; la recherche et, dans le m&#234;me temps, de refuser &#8211; comme ils le font dans le livre (p. 232-236) &#8211; les statistiques dites &#171; ethniques &#187;, en fait des statistiques permettant de mesurer les in&#233;galit&#233;s ethno-raciales en pr&#233;tendant que le fait de demander &#224; des enqu&#234;t&#233;&#183;es o&#249; sont n&#233;&#183;es leurs parents ou grands-parents, ou encore comment ils ou elles se situent sur un plan ethno-racial, comporterait un risque d'assignation identitaire. Si l'on poussait jusqu'au bout un tel raisonnement, il faudrait sans doute aussi cesser de demander &#224; des enqu&#234;t&#233;&#183;es la profession ou le niveau de dipl&#244;me de leurs parents car on sait bien que ce type de question peut tout &#224; fait aussi &#234;tre v&#233;cue comme une forme d'assignation (de classe) et de violence symbolique..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourra notamment lire la synth&#232;se propos&#233;e par Mirna Safi : &lt;i&gt;Les in&#233;galit&#233;s ethno-raciales&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2013. Ou encore le tr&#232;s riche ouvrage coordonn&#233; par des chercheurs&#183;ses de l'INED : C. Beauchemin, C. Hamel et P. Simon, &lt;i&gt;Trajectoires et origines : enqu&#234;te sur la diversit&#233; des populations en France&lt;/i&gt;, Paris, INED &#201;ditions, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut pr&#233;ciser que les &#171; camps &#187; qu'&#233;voquent S. Beaud et G. Noiriel sont tr&#232;s largement construits m&#233;diatiquement (voir les sempiternels dossiers du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;Express&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Figaro &lt;/i&gt;ou de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; sur les pr&#233;tendus &#171; r&#233;seaux indig&#233;nistes &#187;, ou encore les &#233;missions de &#171; d&#233;bat &#187; sur les cha&#238;nes d'information en continu) et politiquement (qu'on pense aux d&#233;clarations de Blanquer, Macron ou Darmanin rendant coupable la recherche scientifique d'une &#171; racialisation &#187;). Il faudrait en outre insister sur le fait que ces &#171; camps &#187; n'ont pas du tout les m&#234;mes opportunit&#233;s de se faire entendre dans les m&#233;dias de grande &#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce n'est d'ailleurs pas, semble-t-il, la position qu'avait adopt&#233;e le sociologue Pierre Bourdieu dont se r&#233;clament les deux auteurs, au moins &#224; partir du mouvement de gr&#232;ve de l'hiver 1995, mais en r&#233;alit&#233; bien avant comme le montrent les textes choisis publi&#233;s par les &#233;ditions Agone en 2002 sous le titre &lt;i&gt;Interventions,1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt;. Qu'on lise &#233;galement les deux volumes de &lt;i&gt;Contre-feux, &lt;/i&gt;successivement publi&#233;s en 1998 et 2002,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;dans lesquels Bourdieu il n'aborde pas seulement, loin de l&#224;,, des questions qui entrent directement dans son champ de comp&#233;tence scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faudrait d'ailleurs aller plus loin et analyser le r&#244;le qu'a jou&#233; la gauche fran&#231;aise, au cours des ann&#233;es 1980-90, dans l'affadissement, la folklorisation et, finalement, l'affaiblissement des luttes antiracistes qui suivit la marche historique pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme de 1983. Il est pour le moins contestable d'affirmer, comme le font S. Beaud et G. Noiriel apr&#232;s tant d'autres (important ici, &#224; nouveau sans examen, un argument d&#233;velopp&#233; aux &#201;tats-Unis, par Walter Ben Michaels ou encore Mark Lilla), que la gauche au pouvoir dans les ann&#233;es 1980 aurait substitu&#233; l'antiracisme &#224; une politique de classe alors que les reculs du PS, sur la question des politiques &#233;conomiques et sur les politiques d'immigration, sont quasi concomitants dans les ann&#233;es 1980 : c'est en fait presque au moment que le PS applique le &#171; tournant de la rigueur &#187; en mati&#232;re &#233;conomique et sociale, et une politique restrictive en mati&#232;re d'immigration (la p&#233;riode 1981-1983, marqu&#233;e par des r&#233;gularisations massives, faisant figure de parenth&#232;se).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lites</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Elites.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Elites.html</guid>
		<dc:date>2024-11-09T16:25:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Intellectuels</dc:subject>
		<dc:subject>Elites</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un nouveau mot du pouvoir.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Intellectuels-+.html" rel="tag"&gt;Intellectuels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Elites-37-+.html" rel="tag"&gt;Elites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L105xH150/elites-abbff.jpg?1731169599' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nouveau mot du pouvoir, parmi &lt;i&gt;Les nouveaux mots du pouvoir&lt;/i&gt;, recens&#233;s dans&lt;i&gt; &lt;/i&gt;l'&lt;i&gt;Ab&#233;c&#233;daire critique&lt;/i&gt;, publi&#233; sous la direction de Pascal Durand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les nouveaux mots du pouvoir, Ab&#233;c&#233;daire critique, sous la direction de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; se reconnaissent, indistinctement, aux fonctions qu'elles exercent et aux vertus qu'elles s'octroient. Certes, quelque chose comme des &#233;lites existe objectivement dont l'histoire et la sociologie peuvent dessiner les figures, en analysant les positions dominantes dans toutes les sph&#232;res de la vie sociale. Les &lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; existent aussi &#224; l'&#233;tat pratique dans les discours qu'elles tiennent sur elles-m&#234;mes. &#171; &lt;i&gt;&#201;lite &lt;/i&gt; &#187; n'est donc pas seulement un vocable historien ou sociologique (au demeurant fort controvers&#233;), c'est un mot de la tribu ou des tribus r&#233;parties sur le territoire de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout un titre de noblesse : un produit de la lutte des classements qui permet de s'assigner &#224; une fonction sociale &#233;minente en la construisant dans les mots, de revendiquer un m&#233;rite hors du commun en se proposant de le distribuer chichement, de se qualifier en disqualifiant. Quand les &#233;lites parlent des &lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; elles ne disent de quel or elles sont faites que pour disqualifier le vil plomb qu'aucune alchimie ne peut transmuer : le peuple pr&#233;cis&#233;ment ou, du moins, le &#171; &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; &#187; dont parlent les &#233;lites et qui n'est souvent &#224; leurs yeux que cette masse informe qui ne devient un peuple v&#233;ritable que par le travail des &#233;lites. Mais un peuple qui, quand il d&#233;&#231;oit, ne se distingue plus alors de la &#171; &lt;i&gt;populace &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fa&#231;ons de dire le monde social contribuent &#224; le fa&#231;onner. Ce ne sont pas seulement des mots que vent emporte notamment parce que les m&#233;dias de masse jouent un r&#244;le plus grand que jamais dans l'exposition la construction et la promotion des &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour chaque postulant ou pour chaque titulaire, poss&#233;der ou acqu&#233;rir un capital de notori&#233;t&#233; m&#233;diatique est devenue une condition d'exercice de l'influence &#224; laquelle il pr&#233;tend. Non que les &#233;lites doivent leur position de domination &#224; leur pr&#233;sence dans les m&#233;dias, mais parce que ceux-ci confortent cette position en remplissant une double fonction de cons&#233;cration d'une appartenance et de l&#233;gitimation d'une domination. En consacrant les &lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; qui la consacrent, la petite troupe qui r&#233;gente les m&#233;dias monte la garde et se porte garant de leur commune l&#233;gitimit&#233;. &#192; les lire et &#224; les entendre, la domination des &#233;lites serait d'autant plus juste (et &#233;th&#233;r&#233;e) qu'elle n'est autre que celle des id&#233;es justes. Les &lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; sociales sont par d&#233;finition - la d&#233;finition qu'elles donnent d'elles-m&#234;mes - des &lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; &#233;clair&#233;es. Elles se rassemblent au sein d'un cercle : le &#171; &lt;i&gt;cercle de la Raison&lt;/i&gt; &#187;. Au centre de ce cercle, les distributeurs de l&#233;gitimit&#233; m&#233;diatique qui se posant en arbitre du d&#233;bat public le r&#233;servent &#224; leurs pairs &#8211; experts, managers, leaders - qui partagent avec eux l'ethnocentrisme de classe non d&#233;nu&#233; d'arrogance dont se nourrissent leurs d&#233;nonciations du &#171; &lt;i&gt;populisme&lt;/i&gt; &#187;. Toute autorit&#233; d&#233;savou&#233;e devient d&#232;s lors une &lt;i&gt;&#233;lite&lt;/i&gt; menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend ainsi pourquoi les &#233;ditorialistes et chroniqueurs tous m&#233;dias pr&#233;f&#232;rent le terme d'&lt;i&gt;&#233;lite &lt;/i&gt;&#224; tous ceux qui pourraient sugg&#233;rer une forme quelconque de domination ou plus simplement de privil&#232;ges. Pour ces &lt;i&gt;&#201;lite&lt;/i&gt;s &#224; majuscule en charge de leur propre b&#233;atification, les &#233;lites vivent en &#233;tat de d'apesanteur sociale ou, ce qui revient au m&#234;me, en &#233;tat de gr&#226;ce permanente, except&#233; quand l'histoire et la sociologie viennent leur rappeler que les m&#233;rites qu'elles s'attribuent ne sont pas ind&#233;pendants des privil&#232;ges sociaux dont elles b&#233;n&#233;ficient ou quand le peuple les prend &#224; partie, faute d'avoir compris tous les bienfaits qu'il doit &#224; ceux qui ont en charge de le guider. Face &#224; ces rappels d&#233;sobligeants, ou m&#234;me dans ces moments douloureux, l'&lt;i&gt;&#233;lite&lt;/i&gt; ne peut, pour parler d'elle-m&#234;me, que se d&#233;signer par son titre de noblesse et d&#233;plorer que toute critique de la domination menace l'&lt;i&gt;&#233;lite &lt;/i&gt;ou les &lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; de destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les plus vuln&#233;rables figureraient les ultimes gardiens de l'&lt;i&gt;&#233;lite&lt;/i&gt;, l'&#233;lite de l'&#233;lite : les intellectuels qui, parce qu'ils se d&#233;finissent moins par le m&#233;tier qu'ils exercent que par la fonction politique qu'ils remplissent, ne prennent corps que sur la sc&#232;ne publique. Ou, plus exactement, sur l'une des sc&#232;nes publiques : la sc&#232;ne m&#233;diatique o&#249; prosp&#232;rent les intellectuels fascin&#233;s par les feux de la rampe. Certes, bien que la fronti&#232;re ne soit pas &#233;tanche, les intellectuels m&#233;diatis&#233;s dont parlent les m&#233;dias et qui s'expriment dans les m&#233;dias ne sont pas forc&#233;ment des intellectuels m&#233;diatiques, d'autant plus d&#233;vou&#233;s aux m&#233;dias que c'est moins de leurs &#339;uvres qu'ils attendent leur notori&#233;t&#233; que de leur exposition m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi faudrait-il que des intellectuels attach&#233;s &#224; leur autonomie et &#224; leurs fonctions critiques acceptent sans broncher le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; m&#233;diatique et paient du prix de leur silence sur les m&#233;dias dominants les interventions g&#233;n&#233;ralement furtives que ces m&#233;dias leur conc&#232;dent ? Dans l'espoir de participer &#224; la constitution d'&lt;i&gt;&#233;lites&lt;/i&gt; de rechange ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les nouveaux mots du pouvoir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Ab&#233;c&#233;daire critique&lt;/i&gt;, sous la direction de Pascal Durand, &#233;ditions Aden Belgique, 10 avril 2007, p.172-174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tats G&#233;n&#233;raux du Mouvement Social : un triple le d&#233;fi</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Etats-Generaux-du-Mouvement-Social-un-triple-le-defi.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Etats-Generaux-du-Mouvement-Social-un-triple-le-defi.html</guid>
		<dc:date>2024-08-30T20:14:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Tribunes</dc:subject>
		<dc:subject>Etats g&#233;n&#233;raux du mouvement social</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une tribune publi&#233;e en novembre 1996&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Tribunes-+.html" rel="tag"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Etats-generaux-du-mouvement-social-+.html" rel="tag"&gt;Etats g&#233;n&#233;raux du mouvement social&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L139xH150/etats_generaux_du_mouvement_social-ae21c.jpg?1726251026' class='spip_logo spip_logo_right' width='139' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tribune publi&#233;e en novembre 1996 dans la revue &lt;i&gt;Confluences pour une alternative progressiste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Revue de la Convention pour une alternative progressiste (CAP). Cette revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Appel-pour-des-etats-generaux-du-mouvement-social.html&#034;&gt;appel &#224; des &#201;tats G&#233;n&#233;raux du Mouvement Social&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; lanc&#233;, d&#232;s f&#233;vrier 1996, par des intellectuels (signataires de l'appel de solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes de novembre et d&#233;cembre 1995 et par des repr&#233;sentants (agissant &#224; titre individuel) de la plupart des composantes du mouvement syndical et associatif. Ces &#201;tats G&#233;n&#233;raux du Mouvement Social sont en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est leur objectif ? Promouvoir un d&#233;bat et une &#233;laboration, pluralistes et d&#233;centralis&#233;s, ouverts &#224; toutes celles et &#224; tous ceux qui souhaitent voir le mouvement social apporter ses propres r&#233;ponses aux questions de soci&#233;t&#233; qu'il soul&#232;ve dans ses luttes contre les effets des politiques lib&#233;rales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; en sommes-nous ? Des collectifs des &#201;tats G&#233;n&#233;raux se sont constitu&#233;s ou en cours de constitution dans la plupart des d&#233;partements. Des r&#233;unions pr&#233;paratoires se sont tenues ou sont pr&#233;vues, notamment &#224; Al&#232;s, Annecy, Besan&#231;on, Caen, Clermont-Ferrand, Dax ,Dijon, Montb&#233;liard, Poitiers, Reims etc. ; en Dordogne et Seine-Saint-Denis ; &#224; Paris dans les 11e 19e 20e arrondissement etc. (J'en oublie puisque je n'ai pas la liste sous les yeux). Des groupes de travail par th&#232;me sont impuls&#233;s, et, dans la r&#233;gion parisienne quatre commissions (Travail-Emploi, Services Publics, Protection Sociale, Europe) ont commenc&#233; des travaux dont les premiers r&#233;sultats seront bient&#244;t disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avan&#231;ons lentement mais s&#251;rement - lentement c'est-&#224;-dire s&#251;rement. Pourquoi ? Les difficult&#233;s que nous rencontrons sont &#224; la mesure du triple d&#233;fi qui nous est lanc&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier d&#233;fi : pr&#233;parer des &#201;tats G&#233;n&#233;raux en prise sur le mouvement social Sans le maintien de la vigilance et de la combativit&#233; du mouvement social sur tous les fronts o&#249; elles sont sollicit&#233;es, nous b&#226;tirions sur du sable. Mais, pr&#233;cis&#233;ment, parce que cette vigilance et cette combativit&#233; se maintiennent (autrement dit parce que le mouvement de novembre et d&#233;cembre dernier n'&#233;tait pas une parenth&#232;se) et &#233;nergies de toutes celles et tous ceux qui souhaitent une large discussion sont d'abord mobilis&#233;s dans les combats les plus urgents. Les &#201;tats G&#233;n&#233;raux sont d&#233;pendants de ces mobilisations qui tout &#224; la fois les favorisent et les freinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me d&#233;fi : faire vivre des formes in&#233;dites de confrontation au sein du mouvement syndical et du mouvement associatif, et, plus g&#233;n&#233;ralement parmi les acteurs du mouvement social, qu'ils adh&#232;rent ou non &#224; un syndicat ou une association. L'unit&#233; dans l'action serait renforc&#233;e par la convergence de toutes les dans les propositions. &#201;tats G&#233;n&#233;raux ont pour vocation de favoriser ces convergences, en tra&#231;ant les contours d'un espace de d&#233;bats d&#233;mocratiques. Cet espace de d&#233;bats est ouvert sans exclusive : il appartient &#224; toutes celles et tous ceux qui y participent. Il ne se subordonne pas &#224; un cartel d'organisations et ne pr&#233;tend pas au monopole des discussions. Le sens de l'appel qui le fonde est simplement celui-ci : confronter, &#233;laborer, proposer, du sein m&#234;me du mouvement social ; confronter, &#233;laborer ,proposer &#171; tous ensemble &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me d&#233;fi : inventer des relations nouvelles entre les acteurs du mouvement social et les intellectuels et chercheurs qui font partie de ce mouvement. Les pi&#232;ges ne manquent pas : de la revendication arrogant d'une comp&#233;tence r&#233;serv&#233;e aux d&#233;positaires du savoir &#224; la simple consultation des chercheurs appel&#233;s &#224; d&#233;corer par leurs expertises r&#233;put&#233;s savantes des propositions d&#233;j&#224; adopt&#233;es. Comment d&#233;jouer ces pi&#232;ges ? Comment d&#233;passer, non l'autonomie de la recherche, mais l'insularit&#233; &#224; laquelle il arrive encore que certains chercheurs se complaisent ? Et comment surmonter la d&#233;fiance qu'inspirent parfois, d'un autre c&#244;t&#233;, des travaux qui ne sont pas directement subordonn&#233;s aux exigences de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Modestement, obstin&#233;ment, c'est ce triple d&#233;fi que nous voulons relever Autant dire que nous n'avons pas choisi la facilit&#233; C'est pourquoi la premi&#232;re session des &#201;tats G&#233;n&#233;raux qui se tiendra &#224; Paris et 23 et 24 novembre ne constituera qu'une premi&#232;re &#233;tape une &#233;tape pr&#233;liminaire indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref bilan et compl&#233;ments&lt;/strong&gt; (2024)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que le triple d&#233;fi mentionn&#233; dans la tribune publi&#233;e ci-dessus est loin d'avoir &#233;t&#233; relev&#233;. Le ressac des mobilisations sociale apr&#232;s la gr&#232;s de novembre et d&#233;cembre 1995 s'est traduit pas des actions &#233;clat&#233;es qui n'ont pas permes d'ancrer les Etats g&#233;n&#233;raux. Les syndicats et associations, souvent divis&#233;s, n'ont pas alors trouv&#233; le chemin d'une participation dynamique. Les nouvelles formes de collaboration entre militants et intellectuels sont rest&#233;es morcel&#233;es. En 1998 les Etats g&#233;n&#233;raux se sont &#233;teints, relay&#233;s pour une part la cr&#233;ation de la Fondation Copernic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce triple d&#233;fi pourra &#234;tre sans doute relev&#233; &#234;tre relev&#233; sous d'autres formes et dans d'autres occasions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Cette tribune a &#233;t&#233; publi&#233;e avant la premi&#232;re session des Etats g&#233;n&#233;raux des 23 et 24 novembre 1996. Rares ont &#233;t&#233; les articles et tribunes consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de cette premi&#232;re session.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 6 novembre 1996 : &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/-/-/etats-generaux-du-mouvement-social-les-23-et-24-novembre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Etats g&#233;n&#233;raux du mouvement social les 23 et 24 novembre &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 13 novembre 1996 : &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/archives/article/1996/11/13/la-division-syndicale-freine-l-elan-des-etats-generaux-du-mouvement-social_3748462_1819218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La division syndicale freine l'&#233;lan des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du mouvement social &#187; (par Ariane Chemin)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 13 novembre 1996 : Premi&#232;re rencontre nationale de l'appel des &#201;tats g&#233;n&#233;raux [Compte-rendu de la conf&#233;rence de presse] (par Jean-Paul Monferran).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; du 14 novembre 1996 : &#171; Des questions toujours sans r&#233;ponses &#187; Tribune par Jacques Kergoat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt; du 14 novembre 1996 : &#171; Cela se passera les 23 et 24 &#171; . Entretien avec Catherine L&#233;vy (Propos recueillis par Dominique Mezzi)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Rares &#233;galement ont &#233;t&#233; les articles consacr&#233;s &#224; la tenue de cette premi&#232;re session. Notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le JDD&lt;/i&gt; du 24 novembre 1996 Bourdieu : &#171; pas un programme &#187;. Compte-rendu de la premi&#232;re session, citation de Pierre Bourdieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 25 novembre 1996. &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/-/-/luttes-sociales-des-etats-generaux-et-particuliers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Luttes sociales : des Etats g&#233;n&#233;raux et particuliers &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 25 novembre 1996 Compte-rendu de la premi&#232;re session : &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/france-archive/1996/11/25/pierre-bourdieu-se-rejouit-du-mouvement-social_187677/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pierre Bourdieu se r&#233;jouit du mouvement social &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; du 28 novembre 1996 : Compte-rendu de la premi&#232;re session : &#171; Un pari relev&#233; (par Jean-Louis Peyroux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 26 novembre 1996 : &#171; Les Etats g&#233;n&#233;raux du mouvement social veulent renouer avec l'internationalisme ( par Alain Beuve-M&#233;ry et Ariane Chemin)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Environ 500 personnes ont assist&#233; &#224; cette premi&#232;re session , marqu&#233; par les interventions de La premi&#232;re session elle-m&#234;me a &#233;t&#233; marqu&#233;e par les interventions de et de Pierre Bourdieu. Une intervention publi&#233;e sous le titre &#171; Les chercheurs, la science &#233;conomique et le mouvement social &#187; dans Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Contre-feux&lt;/i&gt;, Liber-Raisons d'agir, avril 1998. Consultable &#233;galement &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/contrefe/chercheu.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de &lt;i&gt;l'Homme moderne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Parmi les initiatives ult&#233;rieures, on peut mentionner : la r&#233;daction d'une charte des droits sociaux, &#171; Un appel pour la r&#233;duction du temps de travail &#187;, un appel pour transformer l'&#233;cole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 10 d&#233;cembre 1997 : &#171; Un appel pour la r&#233;duction du temps de travail &#187;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 11 d&#233;cembre 1997 : &#171; Interrogations &#224; gauche sur l'efficacit&#233; du dispositif &#187; (par Ariane Chemin).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Revue de la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_pour_une_alternative_progressiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Convention pour une alternative progressiste (CAP)&lt;/a&gt;. Cette revue n'est pas disponible en ligne. La tribune est donc reproduite &#224; partir de sa version imprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Appel pour des &#171; &#233;tats g&#233;n&#233;raux du mouvement social &#187;</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Appel-pour-des-etats-generaux-du-mouvement-social.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Appel-pour-des-etats-generaux-du-mouvement-social.html</guid>
		<dc:date>2024-08-14T14:33:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement de 1995</dc:subject>
		<dc:subject>Etats g&#233;n&#233;raux du mouvement social</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; et liste des signataires.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Mouvement-de1995-+.html" rel="tag"&gt;Mouvement de 1995&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Etats-generaux-du-mouvement-social-+.html" rel="tag"&gt;Etats g&#233;n&#233;raux du mouvement social&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L139xH150/egms-b5a49.jpg?1726251026' class='spip_logo spip_logo_right' width='139' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un appel pour des &#233;tats g&#233;n&#233;raux du mouvement social a &#233;t&#233; lanc&#233; d&#232;s f&#233;vrier 1996 par des intellectuels signataires de l'appel de solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes de novembre et d&#233;cembre 1995 et par des repr&#233;sentants agissant &#224; titre individuel de la plupart des composantes du mouvement syndical et associatif. Appel publi&#233; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/-/-/pour-des-etats-generaux-du-mouvement-social&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 10 f&#233;vrier 1996&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et relay&#233; dans Lib&#233;ration du 10 f&#233;vrier 1996 sous le titre &#171; Le sociologue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;APPEL&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;POUR DES &#171; &#201;TATS G&#201;N&#201;RAUX DU MOUVEMENT SOCIAL &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt; F&#201;VRIER 1996&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans quelle soci&#233;t&#233; voulons-nous vivre, et dans quelle soci&#233;t&#233; voulons-nous que vivent nos enfants ? Telle est bien la question que le mouvement social des mois de novembre et d&#233;cembre a pos&#233;e, et telle est bien la raison pour laquelle la tr&#232;s grande majorit&#233; de la population l'a reconnue l&#233;gitime. Les grands probl&#232;mes soulev&#233;s par les gr&#233;vistes et par les manifestants sont en effet les probl&#232;mes de toutes et de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle protection sociale voulons-nous, de haut niveau pour tous, attentive aux plus d&#233;munis et juste dans son financement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle lutte contre le ch&#244;mage et l'exclusion, pour une soci&#233;t&#233; de plein emploi, en particulier par la r&#233;duction du temps de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels services publics, garants de l'&#233;galit&#233; et de la solidarit&#233;, proches des citoyens et cr&#233;ateurs d'emplois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle autre Europe pour demain, qui tourne le dos au lib&#233;ralisme, une Europe citoyenne, &#233;cologique et sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec une tr&#232;s grande force que le mouvement social a pos&#233; la question de l'&#233;galit&#233; effective des droits pour toutes et pour tous, hommes et femmes, nationaux et immigr&#233;s, citadins et ruraux. Comment se battre pour les droits des femmes, conqu&#233;rir une r&#233;elle &#233;galit&#233; politique et sociale ? Comment d&#233;fendre l'acc&#232;s au savoir et &#224; l'emploi pour tous les jeunes, garantir une &#233;cole publique ouverte &#224; tous ? Comment combattre l'exclusion, imposer le droit au logement, des droits nouveaux pour les ch&#244;meurs, les exclus et les pr&#233;caires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fis impos&#233;s par la mondialisation, dans chaque pays et dans tous les pays, appellent une r&#233;ponse globale, qui ne saurait consister dans la soumission aux lois du march&#233;. &#192; sa fa&#231;on, le mouvement social a d&#233;j&#224; apport&#233; des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. Cependant, nul ne peut pr&#233;tendre que des r&#233;ponses achev&#233;es aient &#233;t&#233; fournies &#224; ces diverses questions. C'est par le d&#233;bat, par la confrontation, et en donnant &#224; tous voix au chapitre qu'elles s'&#233;laborent et non par le verdict de pseudo-experts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre, intellectuels, syndicalistes dans leur diversit&#233;, animatrices du mouvement des femmes, associations de ch&#244;meurs et de sans logis ont d&#233;j&#224; fait cause commune. Nous proposons aujourd'hui qu'ils se retrouvent, s'ouvrent &#224; tous ceux qui s'interrogent, dans chaque ville de France, pour &#233;laborer, &#224; partir des pr&#233;occupations quotidiennes et avec tous les citoyens, leurs r&#233;ponses aux questions soulev&#233;es. Nous proposons que se mettent ainsi en place, d&#232;s &#224; pr&#233;sent et tout au long de l'ann&#233;e 1996, de vastes Etats G&#233;n&#233;raux, pluralistes et d&#233;centralis&#233;s, o&#249; se recueillent les dol&#233;ances et s'&#233;laborent les propositions. Nous proposons que circulent de l'un &#224; l'autre textes et documents, &#233;tats des lieux et questionnements. Nous proposons que toutes ces approches d&#233;centralis&#233;es fassent l'objet d'une discussion g&#233;n&#233;rale le 24 novembre 1996, jour anniversaire du d&#233;part de la gr&#232;ve reconductible des cheminots. Cela aussi nous voulons le faire ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous invitons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cet Appel &#224; prendre toutes les initiatives de d&#233;bat et d'&#233;laboration, et &#224; les faire conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premiers signataires&lt;/strong&gt; : ADAM Etienne - AGUITON Christophe - ALEZARD G&#233;rard - ALOUJES Isabelle - ANDREANl Toni - AOUNlT Mouloud - APARICIO Jean-Claude - APPEY B&#233;atrice - ASTRE Louis - AYMES Renaud - BACHELET Prisca - BALIBAR Etienne - BAUBY Pierre - BAUDELOT Christian - BEAlJD St&#233;phane - BEDON Christiane - BENANl Souad- BENOT Yves - BENSAID Daniel- BERGER Denis - BERTHO Alain - BlARD Jo&#235;l - BIDET Annie - BIDET Jacques - BIHR Alain - BLONDET Daniel - BOUAL Jean-Claude - BOURDERON Roger - BOURDIEU Pierre - BOURSIER Philippe - BROSSAT Alain - BROVELLl Lydia - BROU&#201; Michel - BROU&#201; Pierre - BRUAND Fran&#231;oise - CABARET Jean - CALLES Alain - CARTIER Laurent - CASTAING Fran&#231;ois - CHAMPAGNE Patrick - CHAOUAT G&#233;rard - CHAP&#338;S Jo - CHAPUJS Patricia - CHARLOT Bernard - CHARTlER Christian - CLOT Yves - COLLOVALD Annie - COMBES Sonia - CONTESSENNE Pierre - COTTIN Jean-Yves - COUP&#201; Annick - COURS-SALIES Pierre - DAENINCKX Didier - DARRONAT Olivier - DAURE-SERFATY Christine - DAVISSE Annick - DAVISSE Fran&#231;oise - DAYAN Sonia - DEBONS Claude - DE BRUNHOFF Suzanne - DALBERTO Bruno - DEBOUZY :Marianne - DEFROMENT Ren&#233; - DELAHAYE G&#233;rard - DELAN0E Nelcia - DELPAS Karine - DELPHY Christine - DEPAQUIT Serge - DEPLANQUE Pierre-Andr&#233; - DESCHAMPS Michel - DOSSE Fran&#231;ois - DREYFUS Michel - DUBAR Claude - DUFOUR Fran&#231;ois - DUROUX Fran&#231;oise - EYRAUD Jean-Baptiste - FAVRET-SAADA Jeanne - FILOCHE G&#233;rard - FOOT Robin - FOUCHEZ Marie-Agn&#232;s - FOUGEYROLLAS-SCHOEBEL Dominique - GIGAND Michel - GUIBERT Dominique - HALGAND Jean-Paul - HEINEN Jacqueline - HUSSON Michel - JAMBUT Marie-Th&#233;r&#232;se - JOUARY Jean-Paul - JOXE Alain - KERGOAT Dani&#232;le - KERGOAT Jacques - LABICA George - LABORIE Fran&#231;oise - LACROIX Bernard - LAHIRE Bernard - LAROZE Christian - LEBORGNE Dani&#232;le - LEBRET Daniel - LEBRUN Catherine - LECAlLL&#201; Claude - LE CLEZIO Philippe - LEGARDS Roger - LEVY Catherine - LINHART Dani&#232;le - LINHART Robert - LIPIETZ Alain - LOJKINE Jean - LORAND ]sabelle - LOCHAK Dani&#232;le - L&#212;WY Micha&#235;l - MALER Henri - MARCEL Gilles - MARQUIS Eric - MARTTELLI Roger - MASSIAH Gus - MAUGER G&#233;rard - MAURY Marjolaine - MERLIN Emmanuel - MICHAUX Bernard - MINCES Juliette - MUXEL Anne - MOLINA G&#233;rard - MOLlNARI Jean-Paul - MONY Patrick - MOURIAUX Ren&#233; - MOYNOT Jean-Louis - MOZERES Liane - MULLER Michel - MURARD Numa - NAIR Sami - PELLETIER Willy - PElNNETlER Claude - PERNEI Michel - PERRAUD Jean-Fran&#231;ois - PERRAULT Gilles - PIALOUX Michel - PUCEL Delphine - PUDAL Bernard - QUERRIEN Anne - REB&#201;RIOUX Madeleine - RIESEL Ren&#233; - RIOT-SARCEY Mich&#232;le - RODIER Claire - ROGERAT Chantal - ROUSSEAU Dominique - ROUYER Jacques - ROZENBLATT Patrick - SALESSE Yves- SALMON Christian - SALMON-THAREAU Sylvie - SAMARY Catherine - SEGARD Jean-Yves - SEIBEL Ren&#233; - SElLER Karine - SEVE Lucien - SYLLA Fod&#233; - SlMONET Dani&#232;le - SINTOMER Yves - SITEL Francis - SONCIN Jacques - SPIRE Arnaud - SUBlLEAU Fran&#231;oise - SURDUTS Maya - SZAJNFELD Rapha&#235;l - TADDEI Dominique - TEIGER Cathe1ine - TEMIME Thierry - TORT Patrick - TRAT .Josette - TRAVERSO Enzo - TREMP&#201; Rolande - TRICOT Catherine - VARlN Jacques - VERGNAUD G&#233;rard - VERRET -Michel - VIEU Marie-Pierre - VIGIER Jean-Pierre - VILLIERS Claire -VINCENT Jean-Marie - VOLKOW Serge - VUAILLAT Ionique - WASSERMAN. Gilbert - WFBER Florence - WOLFF Pascal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et relay&#233; dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 10 f&#233;vrier 1996 sous le titre &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/futurs/1996/02/10/le-sociologue-pierre-bourdieu-appelle-a-des-etats-generaux-du-mouvement-social_163242/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le sociologue Pierre Bourdieu appelle &#224; des &#233;tats g&#233;n&#233;raux du mouvement social &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mouvement de 1995 : &#171; Intellectuels citoyens : la solidarit&#233; en actes &#187;</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Mouvement-de-1995-Intellectuels-citoyens-la-solidarite-en-actes.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Mouvement-de-1995-Intellectuels-citoyens-la-solidarite-en-actes.html</guid>
		<dc:date>2024-06-08T14:16:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement de 1995</dc:subject>
		<dc:subject>Entretiens</dc:subject>
		<dc:subject>Intellectuels</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien accord&#233; &#224; L&lt;i&gt;'Humanit&#233;&lt;/i&gt; le 9 d&#233;cembre 1995, trois jours apr&#232;s la publication de l'appel de soutien aux gr&#233;vistes du mouvement de novembre et d&#233;cembre 1995&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Mouvement-de1995-+.html" rel="tag"&gt;Mouvement de 1995&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Entretiens-+.html" rel="tag"&gt;Entretiens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Intellectuels-+.html" rel="tag"&gt;Intellectuels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L122xH150/mouvement_de_1995-1f732.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='122' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien accord&#233; &#224; L&lt;i&gt;'Humanit&#233;&lt;/i&gt; le 9 d&#233;cembre 1995, trois jours apr&#232;s la publication de l'appel de soutien aux gr&#233;vistes du mouvement de novembre et d&#233;cembre 1995&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler, professeur de philosophie, est l'un des initiateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yves Benot, Michel Riot-Sarcey, Denis Berger, Catherine L&#233;vy, Sophie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'appel de soutien aux gr&#233;vistes, dont &#171; l'Humanit&#233; &#187; a publi&#233; le texte dans son &#233;dition du 6 d&#233;cembre. [Appel reproduit &#224; la fin de cet entretien]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est la p&#233;tition qu'avec d'autres vous avez lanc&#233;e ?.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler.&lt;/strong&gt; Le nombre de signataires ne cesse de cro&#238;tre. L'appel a gagn&#233; assez largement la province. M&#234;me si les conditions de centralisation ne sont pas excellentes, nous avons d&#233;pass&#233; les cinq cents signatures. Ce sont des intellectuels, au sens large du terme, des artistes, des universitaires, beaucoup de jeunes chercheurs, et aussi des m&#233;decins, des avocats. Nous avons eu le souci de ne pas faire figurer en tant que tels des responsables politiques, bien qu'un grand nombre nous aient fait savoir qu'ils auraient volontiers sign&#233;. Aujourd'hui, beaucoup de signataires s'emparent de ce texte pour le faire vivre dans le mouvement social &#224; travers de nombreuses initiatives de r&#233;flexion et de communication aux diff&#233;rents secteurs du mouvement gr&#233;viste. Nous pensons que l'appel appartient &#224; ceux qui l'ont sign&#233; et non pas &#224; ses seuls initiateurs. Nous sommes inform&#233;s du fait qu'on fait &#233;tat dans le mouvement syndical de notre initiative comme d'un &#233;l&#233;ment mobilisateur. Juste retour des choses lorsqu'on se souvient qu'un certain nombre d'intellectuels avaient cru n&#233;cessaire de conseiller les puissants sur ce qu'&#233;taient les r&#233;formes les mieux adapt&#233;es au peuple sans m&#234;me consulter ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est, &#224; votre avis, aujourd'hui, le mouvement que votre appel soutient ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble qu'il arrive &#224; un tournant. Lui fait d&#233;faut, &#224; l'&#233;vidence, une perspective politique qui ne saurait s'improviser puisqu'elle n'existait pas auparavant. De son c&#244;t&#233;, le gouvernement n'ouvre aucune issue. Il n'envisage pas d'abandonner ses plans qui sont &#224; l'origine du mouvement gr&#233;viste, ni m&#234;me d'ouvrir au plus haut niveau des n&#233;gociations significatives. Je suis par ailleurs frapp&#233; par la position de ce pouvoir qui propose le dialogue sur des r&#233;formes qu'il consid&#232;re lui-m&#234;me comme in-n&#233;gociables. Toutes les d&#233;cisions gouvernementales sont prises par avance, comme le montre l'actuel vote des ordonnances &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Dans le m&#234;me temps, la t&#233;l&#233;vision de service public n'h&#233;site pas &#224; utiliser des moyens qu'on croyait r&#233;volus, pour priver non seulement les syndicats mais les gr&#233;vistes de la parole qu'on affecte de leur donner. Cette attitude ne peut que contribuer &#224; radicaliser le mouvement et &#224; accro&#238;tre la lucidit&#233; de ceux qui le m&#232;nent. Enfin, il est appr&#233;ciable que des intellectuels, dont on pr&#233;tendait qu'ils se contraignaient ou qu'ils &#233;taient r&#233;duits au silence, s'efforcent d'amplifier leur solidarit&#233; en mettant leur activit&#233; au service du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles nouvelles initiatives comptez-vous prendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun parle dans le cadre d'une signature qu'il a donn&#233;e en son nom propre. Mais toute initiative, d&#232;s lors qu'elle se situe dans un contexte de solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes, est bonne &#224; prendre. La question se pose de manifester de fa&#231;on un peu plus centrale cette solidarit&#233;. Cela sera mis en discussion, samedi, &#224; Paris, au cours d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Il s'agit de faire en sorte que ceux dont la voix est &#233;touff&#233;e trouvent &#224; travers l'activit&#233; des intellectuels le moyen de s'exprimer. Sans pour autant que ceux-ci parlent &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi, ici m&#234;me, une tribune de 1996 : &lt;a href=&#034;http://www.henri-maler.fr/Mouvement-social-de-1995-Pourquoi-tant-de-hargne-Reponse-a-Claude-Lefort.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mouvement social de 1995 : &#171; Pourquoi tant de hargne ? &#187; - R&#233;ponse &#224; Claude Lefort&lt;/a&gt;. Et, 20 ans plus tard : &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/Hiver-1995-l-affrontement-politique-s-etend-aux-intellectuels.html&#034;&gt;&#171; Hiver 1995 : l'affrontement politique s'&#233;tend aux intellectuels &#187;&lt;/a&gt;, deux entretiens de d&#233;cembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appel de solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#171; Face &#224; l'offensive d&#233;clench&#233;e par le gouvernement, nous estimons qu'il est de notre responsabilit&#233; d'affirmer publiquement notre pleine solidarit&#233; avec celles et ceux qui, depuis plusieurs semaines, sont entr&#233;s en lutte ou s'appr&#234;tent &#224; le faire. Nous nous reconnaissons pleinement dans ce mouvement qui n'a rien d'une d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts particuliers et moins encore des privil&#232;ges mais qui est, en fait, une d&#233;fense des acquis les plus universels de la R&#233;publique. En se battant pour leurs droits sociaux, les gr&#233;vistes se battent pour l'&#233;galit&#233; des droits de toutes et de tous : femmes et hommes, jeunes et vieux, ch&#244;meurs et salari&#233;s, travailleurs &#224; statut, salari&#233;s du public et salari&#233;s du priv&#233;, immigr&#233;s et fran&#231;ais. C'est le service public, garant d'une &#233;galit&#233; et d'une solidarit&#233; aujourd'hui malmen&#233;es par la qu&#234;te de la rentabilit&#233; &#224; court terme, que les salari&#233;s d&#233;fendent en posant le probl&#232;me de la S&#233;curit&#233; sociale et des retraites. C'est l'&#233;cole publique, ouverte &#224; tous, &#224; tous les niveaux, et garante de solidarit&#233; et d'une r&#233;elle &#233;galit&#233; des droits au savoir et &#224; l'emploi que d&#233;fendent les &#233;tudiants en r&#233;clamant des postes et des cr&#233;dits. C'est l'&#233;galit&#233; politique et sociale des femmes que d&#233;fendent celles et ceux qui descendent dans la rue contre les atteintes aux droits des femmes. Tous posent la question de savoir dans quelle soci&#233;t&#233; nous voulons vivre. Tous posent &#233;galement la question de l'Europe : doit-elle &#234;tre l'Europe lib&#233;rale que l'on nous impose ou l'Europe citoyenne, sociale et &#233;cologique que nous voulons ? Le mouvement actuel n'est une crise que pour la politique gouvernementale. Pour la masse des citoyens, il ouvre la possibilit&#233; d'un d&#233;part vers plus de d&#233;mocratie, plus d'&#233;galit&#233;, plus de solidarit&#233; et vers une application effective du pr&#233;ambule de la Constitution de 1946, repris par celle de 1958. Nous appelons tous nos concitoyens &#224; s'associer &#224; ce mouvement et &#224; la r&#233;flexion radicale sur l'avenir de notre soci&#233;t&#233; qu'il engage ; nous les appelons &#224; soutenir les gr&#233;vistes mat&#233;riellement et financi&#232;rement. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yves Benot, Michel Riot-Sarcey, Denis Berger, Catherine L&#233;vy, Sophie Walhnish, Yves Sintomer, Maguy Bacqu&#233;, Henri Maler, Maya Surduts, Jacques et Dani&#232;le Kergoat. [Pr&#233;cisions de 2024. Le texte de l'appel ainsi sign&#233; &#233;tait le produit de deux textes, l'un de Michel Riot-Sarcey, Denis Berger et Henri Maler, l'autre d'Yve Benot et Catherine L&#233;.vy. Cette derni&#232;re l'a soumis &#224; Pierre Bourdieu qui l'a modifi&#233; pour lui donner sa forme finale.]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;magogie contre p&#233;dagogie [1994]</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Demagogie-contre-pedagogie-1994.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Demagogie-contre-pedagogie-1994.html</guid>
		<dc:date>2024-06-08T14:14:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#192; propos d'une op&#233;ration impuls&#233;e par Fran&#231;ois Bayrou alors ministre de l'&#201;ducation Nationale&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L150xH129/demagogie-c8def.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='129' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; propos d'une op&#233;ration impuls&#233;e par Fran&#231;ois Bayrou alors ministre de l'&#201;ducation Nationale et sponsoris&#233;e par les assurances AXA : une lettre ouverte a &#233;t&#233; publi&#233;e dans l'hebdomadaire &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt;, n&#176;15778, 24 f&#233;vrier 1994.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt; * * * &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;C'est en professeur soucieux de remplir sa fonction le moins mal possible que j'ai accept&#233; de contribuer &#224; la pr&#233;paration d'une rencontre entre les &#233;l&#232;ves de la classe de terminale o&#249; j'enseigne la philosophie et l'un de &#171; mes &#187; anciens &#233;l&#232;ves, M.C. Solaar, dont la personnalit&#233; est des plus attachantes et la cr&#233;ativit&#233; indiscutable. Laisser circuler un peu d'air frais &#224; l'int&#233;rieur des &#233;tablissements publics n'a jamais fait de mal &#224; personne. Mais c'est en bon petit soldat de l'Education Nationale, que je me suis pr&#234;t&#233;, ce faisant, &#224; une op&#233;ration d&#233;magogique, sans grand danger il est vrai, mais symptomatique de la conception que M. Bayrou se fait de &#171; l'Ecole de France &#187;. Tant vaut l'objectif, tant vaut la m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif&lt;i&gt; ? &#171; Transmettre aux lyc&#233;ens inquiets pour leur avenir des rep&#232;res et des valeurs d'exemples &#224; travers les t&#233;moignages de personnalit&#233;s qui illustrent concr&#232;tement la possibilit&#233; d'atteindre un objectif malgr&#233; les obstacles &#224; franchir. Montrer &#224; travers leur parcours que tout est possible, rien n'est jou&#233; d'avance. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi quinze personnalit&#233;s vont &#224; la rencontre des &#233;l&#232;ves d'une classe de terminale de leur lyc&#233;e d'origine. Quant aux autres &#233;l&#232;ves, patience : AXA veille sur tous. Eux aussi b&#233;n&#233;ficieront de cette p&#233;dagogie par l'exemple o&#249; des Saints, mais la&#239;cs (dont la valeur n'est pas en cause ici) ont pour charge de leur indiquer le chemin des Cieux, mais r&#233;duits &#224; cette modeste gargote : &lt;i&gt;Un&lt;/i&gt; objectif...Gardons-nous de pr&#233;ciser lequel : l'ANPE s'en chargera. Gardons-nous de pr&#233;ciser comment : les statistiques de l'&#233;chec scolaire, des handicaps sociaux, des parcours bris&#233;s sont soigneusement gard&#233;es &#224; l'abri des regards candides. De cette fa&#231;on, il sera ais&#233; de montrer que &#171; cent pour cent des gagnants ont jou&#233; &#187;. Op&#233;ration de magie sociale qui permet au pouvoir politique de se d&#233;fausser de ses responsabilit&#233;s en mati&#232;re d'Education et de se d&#233;guiser en narrateur de contes de f&#233;e : les berg&#232;res finissent toujours par trouver leurs princes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la m&#233;thode. L'ensemble de l'op&#233;ration est &#171; sponsoris&#233;e &#187; par les &lt;i&gt;Assurances AXA&lt;/i&gt;, et deux journaux : &lt;i&gt;Phosphore&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;. Qu'on se rassure : il s'agit d'un pur m&#233;c&#233;nat. Ils n'ont aucun int&#233;r&#234;t particulier &#224; d&#233;fendre ! Leurs motivations p&#233;dagogiques sont purement la&#239;ques ! M.Bayrou en discutait sans doute &#224; la tribune qu'il partageait, &#224; l'occasion d'une Conf&#233;rence de Presse commune, avec le P.D.G d'AXA...universellement connu pour ses responsabilit&#233;s &#233;ducatives. Peut-&#234;tre m&#234;me est-il intervenu comme &#171; consultant &#187; quand il fut question d'abroger la loi Falloux. En tout cas, le partenariat n'est pas vain : des rencontres entre personnalit&#233;s et lyc&#233;ens doivent na&#238;tre un dossier sp&#233;cial et exclusif du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; et un livre diffus&#233; &lt;i&gt;gratuitement&lt;/i&gt; &#224; pr&#232;s d'1 million d'exemplaires &#224; tous les &#233;l&#232;ves et professeurs de terminale. Pas de m&#233;c&#233;nat sans mise en spectacle. Il est vrai qu'une information objective, permettant d'&#233;valuer des chances et des obstacles r&#233;els, est d'une lecture r&#233;barbative, m&#234;me si sa diffusion est gratuite. On aurait m&#234;me besoin des enseignants et des conseillers d'orientation pour les expliquer. Tout cela serait terriblement... scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration de marketing, destin&#233;e &#224; la promotion de ses organisateurs (et non de M.C.Solaar qui a pris de multiples pr&#233;cautions...), intervient dans le contexte de l'abrogation de la loi Falloux. La&#239;cit&#233; signifie : ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de tous les pouvoirs, ouverture &#224; tous les savoirs ; tous les pouvoirs, mais en sachant les distinguer pour les tenir &#224; distance, - et tous les savoirs, mais en sachant les distinguer pour pouvoir les discuter. M. Bayrou traduit : d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de tous les lobbies officiels et fermeture &#224; l'&#233;gard de toutes les opinions priv&#233;es ; mise en concurrence de tous les &#233;tablissements dans la plus parfaite des in&#233;galit&#233;s et mise en tutelle de l'Ecole publique par la plus sournoise des hi&#233;rarchies. Au lieu de soustraire l'&#201;cole aux injonctions du march&#233;, du spectacle, de la client&#232;le, on la soumet cyniquement &#224; leurs exigences. Au lieu d'ouvrir l'Ecole &#224; la diversit&#233; des opinions et &#224; la multiplicit&#233;s des savoirs (y compris en mati&#232;re de religion), on l'enferme dans la neutralisation morose des d&#233;bats d'id&#233;es et la normalisation de savoirs indiff&#233;renci&#233;es, o&#249; savoir se vendre &#233;quivaut &#224; savoir penser. Devrons-nous nous &#233;tonner si, un jour, il nous est demand&#233; d'enseigner l'astrologie (en faisant silence sur les conceptions religieuses), d'animer des ateliers de d&#233;magogie (en taisant les conceptions sociales et politiques), de dispenser une p&#233;dagogie sponsoris&#233;e (en r&#233;citant les le&#231;ons de la philosophie de la r&#233;ussite) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans attendre la r&#233;ponse, je retourne dans ma salle de classe, pour proposer &#224; mes &#233;l&#232;ves m&#233;dus&#233;s (et r&#226;leurs : encore un devoir !), le sujet suivant : &#171; Un philosophe officiel de l'Etat balladurien d&#233;clare : &lt;i&gt;&#034;les succ&#232;s de quelques-uns montrent que pour tous, tout est possible, rien n'est jou&#233; d'avance&#034;&lt;/i&gt;. Qu'en pensez-vous ? &#187; Je ne d&#233;sesp&#232;re pas de voir des adolescents lucides, dont on tente de se jouer, sourire devant tant de na&#239;vet&#233;. J'esp&#232;re les aider &#224; d&#233;couvrir quelle est la diff&#233;rence entre un slogan d&#233;magogique et une r&#232;gle &#233;thique. Mais la meilleure copie ne sera pas publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;br class='autobr' /&gt;
enseignant de philosophie&lt;br class='autobr' /&gt;
Lyc&#233;e de Villeneuve-le-Roi (94)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> B&#226;tisseurs de ruines - L'exemple fran&#231;ais (1993) </title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Batisseurs-de-ruines-L-exemple-francais-1993.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Batisseurs-de-ruines-L-exemple-francais-1993.html</guid>
		<dc:date>2024-06-01T20:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Berger, Henri Maler</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De 1981 &#224; 1993.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L91xH150/batissseurs_de_ruines-7bf7a.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='91' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;ditorial [&#171; la marche du temps &#187;] du num&#233;ro 17 de la revue &lt;i&gt;Futur ant&#233;rieur&lt;/i&gt; (juillet 1993)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le suicide de Pierre B&#233;r&#233;govoy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Premier ministre, sous la Pr&#233;sident Mitterrand, Pierre Beregovoy s'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au-del&#224; d'une trag&#233;die personnelle qui n'appelle que le respect, marque la fin d'une &#233;poque : l'effondrement de l'exp&#233;rience gouvernementale socialiste, la cl&#244;ture d&#233;finitive d'une p&#233;riode de l'histoire europ&#233;enne dat&#233;e par 1968, l'&#233;puisement d'une tradition politique s&#233;culaire, fonds commun de l'ensemble de la gauche institu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; s'accumulent les bilans, une explication semble dominer : emport&#233;e par une logique gestionnaire, &#233;vinc&#233;e de la d&#233;fense de ses propres valeurs, isol&#233;e de l'&#233;lectorat populaire, la gauche aurait trahi sa victoire de 1981. Mais derri&#232;re cette apparente certitude surgit pourtant une interrogation : la victoire en question ne reposait-elle pas sur une secr&#232;te d&#233;faite sur laquelle il conviendrait de demeurer aveugle, parce que ce point aveugle fut la condition du succ&#232;s &#233;lectoral ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La d&#233;faite de 1981&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection de 1981 a port&#233; au pouvoir une coalition appuy&#233;e sur un programme qui &#233;tait, en d&#233;pit de toutes les r&#233;serves qu'il pouvait inspirer, le plus radical qu' ait d&#233;fendu, depuis l'apr&#232;s-guerre, la gauche officielle des pays capitalistes avanc&#233;s. Cette radicalit&#233; &#233;tait le reflet, att&#233;nu&#233;, d&#233;form&#233;, des mouvements sociaux qui agitaient la France depuis une d&#233;cennie : luttes n&#233;es en Mai 68 qui faisaient encore sentir leurs effets en d&#233;pit d'un ralentissement observable dans toute l'Europe apr&#232;s 1975, combats contre les cons&#233;quences de la crise (telles les mobilisations des sid&#233;rurgistes). Une volont&#233; diffuse de changement &#233;tait alors largement perceptible. C'est elle qui se traduisit dans le vocabulaire de &#171; rupture &#187; utilis&#233; par les r&#233;dacteurs du Programme Commun de la Gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ceux qui formulaient ainsi leur volont&#233; de d&#233;passer le capitalisme restaient enferm&#233;s dans une tradition (parfois pompeusement baptis&#233;e &#171; strat&#233;gie &#187;) qui con&#231;oit le changement social comme le r&#233;sultat d'une action quasi-exclusive de gouvernement : une culture &#233;tatique, partag&#233;e non seulement par la gauche radicale et socialiste, mais aussi par le Parti communiste, et incarn&#233;e par ce brillant homme de pouvoir que fut toujours Fran&#231;ois Mitterrand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait donc une victoire aux pr&#233;sidentielles. Mais cet objectif, en soi l&#233;gitime, ne pouvait &#234;tre atteint qu'au prix d'&lt;i&gt;une d&#233;mobilisation d&#233;lib&#233;r&#233;e des mouvements populaires&lt;/i&gt;. Tout succ&#232;s &#233;lectoral d&#233;pend d'un plus petit d&#233;nominateur commun entre des couches sociales tr&#232;s diverses. C'est parce que l'&#233;lection de Fran&#231;ois Mitterrand &#233;tait le seul espoir restant qu'elle fut massivement possible. D&#233;mobilisation sociale pour mobilisation &#233;lectorale : ultime recours pour les uns, mais timide recours pour d'autres, c'est-&#224;-dire pour la fraction de l'&#233;lectorat que les combats du &#171; peuple de gauche &#187; n'effrayaient plus puisqu'ils avaient &#233;t&#233; neutralis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite d&#233;coule, pour une large part, de cette gageure : appliquer une politique dont les principaux b&#233;n&#233;ficiaires n'&#233;taient plus, ne pouvaient plus &#234;tre, les acteurs. La gauche, &#224; ce titre, &#233;tait d&#233;j&#224; socialement minoritaire. Tr&#232;s vite, elle a plan&#233; dans des sommets d'o&#249; l'on ne pouvait plus trouver appui sur un sol solide. La suite ? En 1993, la gauche, tr&#232;s logiquement, est devenue &#233;lectoralement minoritaire - et socialement isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La d&#233;route de 1993&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que la d&#233;route de 1993&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;faite des socialistes aux &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1983&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n'&#233;tait pas inscrite dans la d&#233;faite de 1981. Pour arriver &#224; la d&#233;b&#226;cle, il a fallu pers&#233;v&#233;rer dans l'erreur initiale. Majoritaire &#224; l'Assembl&#233;e nationale, la gauche s'est absorb&#233;e dans un travail l&#233;gislatif (d'o&#249; ressortent quelques r&#233;formes positives) sans se soucier d'&#233;laborer une politique d'ensemble susceptible de mobiliser, hors le circuit &#233;tatique, les couches populaires : comme si l'exercice du pouvoir suffisait &#224; transformer la soci&#233;t&#233;. Encore cet exercice fut-il des plus timides. Parvenue au gouvernement en s'engageant &#224; vaincre le ch&#244;mage, notamment par la mise en place des 35 heures, la gauche a diminu&#233; d'une heure la dur&#233;e du travail, sans autre projet. Promettant d'accorder le droit de vote aux immigr&#233;s aux &#233;lections municipales, elle a renonc&#233; &#224; prendre cette d&#233;cision parce que l'opinion publique &#171; n'y &#233;tait pas pr&#233;par&#233; &#187;. Cette reculade illustre &#224; merveille la fa&#231;on dont la gauche g&#233;rait sa majorit&#233; &#233;lectorale ; elle a ruin&#233; les chances que pouvait avoir le gouvernement de trouver un appui, politique et social sinon &#233;lectoral, parmi les travailleurs les plus exploit&#233;s, jeunes en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, &#224; partir de 1993, le tournant vers la rigueur est venu parachever l'affaissement. La gestion de l'&#233;conomie mixte a consist&#233; &#224; s'en remette au march&#233; pour d&#233;cider des choix &#233;conomiques et &#224; l'Etat pour contenir les effets des lois du march&#233;. L'heure de l'&#233;narchie de gauche et de ses parvenus avait d&#232;s lors sonn&#233;. Au nom de la &#171; culture de gouvernement &#187;, l'&#233;lite rose a cru que sa pr&#233;sence aux postes de d&#233;cision suffisait &#224; garantir l'avenir, pourvu que ses capacit&#233;s gestionnaires &#233;galent celles de la droite. Elle a ainsi parfait son enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus grave encore, si l'on admet que le reculs impos&#233;s sur le terrain peuvent &#234;tre moins nocifs que les reculs conc&#233;d&#233;s sur les principes : pour que la d&#233;faite se transforme en d&#233;route, il a fallu que s'accumulent les batailles perdues sans avoir &#233;t&#233; men&#233;es. C'est avec le PS au pouvoir - et sous son influence - que les probl&#232;mes de l'exclusion sociale sont devenus les probl&#232;mes de l'immigration, que la question du travail s'est mu&#233;e en culture de l'entreprise, que l'&#201;cole de la libert&#233; est devenue la libert&#233; de l'&#201;cole, que le march&#233; des biens culturels est devenu un march&#233; comme un autre. C'est avec le PS au pouvoir que s'est r&#233;v&#233;l&#233;e l'inconsistance des valeurs de gauche, quand aucun mouvement ne les porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous dit que, dans le contexte difficile de la crise mondiale, la gauche ne pouvait pas faire de miracles. Pourtant elle en a accompli plusieurs, de grande envergure : la multiplication des exclus sans autre contrepartie que le RMI, la l&#233;gitimation du Profit comme moteur de la vie sociale, la sacralisation de la monnaie comme incarnation de la collectivit&#233;, la d&#233;figuration de l'id&#233;e europ&#233;enne sous l'&#233;gide du lib&#233;ralisme triomphant. Le r&#233;sultat en est - miracle des miracles - qu'&#224; l'heure o&#249; s'effondraient les r&#233;gimes bureaucratiques de l'Est, le socialisme gouvernemental a largement contribu&#233; &#224; discr&#233;diter dans l'opinion populaire toute id&#233;e de transformation sociale. Pourquoi d&#232;s lors, compte tenu de la c&#233;l&#232;bre &#171; usure du pouvoir &#187;, en l'occurrence piment&#233;e de laxisme ou de corruption, ne pas voter &#224; droite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Et maintenant la droite...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 mars 1993, &#201;douard Balladur est nomm&#233; premier ministre d'un gouvernement de droite (et les reste jusqu'au 11 mai 1995) : le cinqui&#232;me gouvernement du second mandat du pr&#233;sident de la R&#233;publique Fran&#231;ois Mitterrand.(note de 2024)&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;La droite se trouve donc au pouvoir - pour longtemps peut-&#234;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 29 mars 1993, &#201;douard Balladur est nomm&#233; premier ministre d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : une droite bien-disante, prudente dans ses promesses, mod&#233;r&#233;e dans ses projets, qui va tenter d&#233;sormais de r&#233;soudre des probl&#232;mes pour lesquelles elle ne dispose d'aucune solution. Son seul avantage est la copieuse majorit&#233; dont elle dispose au Parlement. Mais cet atout est relatif car le ras de mar&#233;e &#233;lectoral a fait d&#233;signer par les urnes un nombre important de r&#233;actionnaires convaincus qui ne s'accommoderont pas n&#233;cessairement pendant longtemps de l'habilet&#233; sirupeuse de Balladur. Et la perspective des &#233;lections pr&#233;sidentielles est de nature &#224; r&#233;veiller les divergences entre Chirac, Giscard, et d'autres pr&#233;tendants &#233;ventuels. Mais l&#224; n'est pas l'essentiel : la crise des soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes, qui a permis &#224; la droite de balayer une gauche incapable d'y faire face, ne peut &#234;tre qu'&#224; l'origine de difficult&#233;s majeures pour les nouveaux ma&#238;tres de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de voir dans la crise de la repr&#233;sentation politique une crise du principe m&#234;me de la repr&#233;sentation qu'aucune r&#233;forme &#233;lectorale ne saurait enrayer, la droite ne songe qu'&#224; pratiquer une fuite en avant, en proposant pour toutes les &#233;lections (europ&#233;ennes en particulier) des modes de scrutin qui marginalisent les minorit&#233;s. Loin de voir dans la crise des institutions judiciaires une crise des d&#233;terminations sociales du droit, de la codification juridique des rapports sociaux et de l'insertion des d&#233;cisions judiciaires dans l'espace social, la droite, poursuivant en cela l'&#339;uvre de la gauche, ne propose que des r&#233;formes judiciaires centr&#233;es sur les proc&#233;dures et les institutions. Loin de voir dans la crise des institutions r&#233;publicaines une crise de la participation &#224; l'espace public, appelant un r&#233;am&#233;nagement de sa constitution pour favoriser une authentique circulation du pouvoir, la droite ne con&#231;oit que des r&#233;formes mineures des institutions et des mises en musique de l'exhortation : l'appel &#224; l'effort et &#224; la vertu r&#233;publicaine, sans v&#233;ritable r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors que &lt;i&gt;la droite est incapable de juguler la crise des valeurs de citoyennet&#233;.&lt;/i&gt; Des citoyens renvoy&#233;s &#224; des formes privatis&#233;es de leur mis&#232;re sociale (que quelques intellectuels, prestataires de services aupr&#232;s des m&#233;dias, pr&#233;sentent comme le triomphe de l'individualit&#233;) n'ont alors plus le choix qu'entre la rage et la soumission. Et quand la seconde pr&#233;vaut, le triomphe du consum&#233;risme dans tous les domaines de la vie sociale conforte la domination du client&#233;lisme dans tous les aspects de la vie politique. D&#232;s lors l'exercice du pouvoir ne peut reposer que sur le mariage forc&#233; de la comp&#233;tence technocratique et de la performance m&#233;diatique, de l'enarchie et de la d&#233;magogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout la droite est &lt;i&gt;incapable de r&#233;sorber la crise sociale qui mine toutes les formes de domination politique&lt;/i&gt;. Incapable de comprendre la crise de l'&#201;tat-providence comme une crise de toute forme de providence d'&#201;tat quand les rapports sociaux restent inchang&#233;s, la droite se propose de r&#233;aliser un lib&#233;ralisme social qui tout en transf&#233;rant &#224; l'&#201;tat les charges sociales jusqu'alors affect&#233;es aux entreprises, se voit contraint de limiter au maximum les ressources budg&#233;taires n&#233;cessaires. Incapable d'aborder le ch&#244;mage comme un ph&#233;nom&#232;ne structurel li&#233; aux transformations m&#234;mes du travail productif, et plus g&#233;n&#233;ralement de comprendre la crise internationale comme une crise historique qui met en cause l'ensemble des mod&#232;les de d&#233;veloppement, la droite s'obstine &#224; vouloir faire financer des repl&#226;trages conjoncturels par des mesures qui font passer l'immobilisme pour de la rigueur et l'injustice pour de l'aust&#233;rit&#233;. Ni les privatisations, ni le gel des augmentations de salaire, ni l'augmentation de la CSG et des imp&#244;ts indirects ne peuvent r&#233;soudre des contradictions majeures : leur aboutissement logique ne peut &#234;tre que le renforcement de la hi&#233;rarchie sociale, base de la soci&#233;t&#233; &#171; &#224; plusieurs vitesses &#187; dans laquelle nous sommes d&#233;j&#224; entr&#233;s&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les d&#233;chirures du tissu social ne peuvent que s'aggraver&lt;/i&gt;. Aux jeunes issus de l'immigration, on ne proposera, selon le mod&#232;le Pasqua, que l'int&#233;gration par l'humiliation. Aux jeunes menac&#233;s d'exclusion, on imposera l'insertion par la r&#233;pression. Aux femmes renvoy&#233;s &#224; leur inf&#233;riorisation, on offrira l'am&#233;nagement familial de leur oppression. Aux paysans, menac&#233;s de quasi-liquidation, on fournira, avec la probable complicit&#233; de la FNSEA, les moyens de cog&#233;rer leur d&#233;clin. Aux ch&#244;meurs et aux travailleurs pr&#233;caris&#233;s, on r&#233;pondra par des promesses de relances conjoncturelles (par la baisse des taux d'int&#233;r&#234;t, par la relance du b&#226;timent et des travaux publics etc...) et des perspectives productivistes dont les succ&#232;s provisoires ne feront que diff&#233;rer les &#233;checs in&#233;vitables. A tous on parlera de libert&#233; et de solidarit&#233;. On appellera libert&#233;, le libre exercice de contraintes int&#233;rioris&#233;es, et solidarit&#233;, la substitution d'une compassion de droite &#224; une commis&#233;ration de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brouillard des mots, pourtant, ne saurait, &#224; terme, emp&#234;cher les explosions de r&#233;volte de cat&#233;gories vou&#233;es au d&#233;clin social. En d&#233;pit de la sagesse prudente de nombre d'organisations syndicales, les r&#233;sistances ouvri&#232;res aux licenciements ne sont pas vou&#233;es &#224; l'extinction, et les r&#233;voltes paysannes dans les zones rurales menac&#233;es de d&#233;sertification ne peuvent durablement dispara&#238;tre. Mais ce sont, peut-&#234;tre, les couches sociales frapp&#233;es directement par l'exclusion qui constituent la r&#233;serve principale des mouvements de protestation sociale de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les simulacres d'insertion qui sont propos&#233;s ne peuvent neutraliser quoi que ce soit. Ces simulacres, au contraire, peuvent devenir des cibles du m&#233;contentement. Ainsi en va-t-il des pieux discours parlementaires sur la &#171; crise de la ville &#187; dont on ne saurait croire un seul instant qu'ils aient une quelconque port&#233;e pratique : on ne combat pas la marginalisation sociale en confondant l'espace o&#249; elle est circonscrite (les banlieues) avec ses causes fondamentales. Ainsi en va-t-il des discours sur le syst&#232;me scolaire : son extension le menace d'implosion sous le poids des contradictions qui le minent, quand l' &#233;cole, charg&#233;e d'instruire et d'int&#233;grer, devient le lieu d'une mis&#232;re culturelle douloureusement ressentie, et surtout, d'une exclusion sociale qu'elle dissimule en l'enfermant dans ses murs, simples obstacles temporaires &#224; l'entr&#233;e dans le ch&#244;mage. Cette &#233;cole-l&#224; peut devenir l'&#233;cole-&#233;missaire d'une r&#233;volte qu'annonce d&#233;j&#224; la mont&#233;e de la violence dans les lyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La d&#233;cennie de tous les dangers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises sont certaines ; leur issue ne l'est pas. La multiplication des r&#233;voltes peut entra&#238;ner un &#233;chec de la droite. Mais que celle-ci r&#233;ussisse ou &#233;choue, &lt;i&gt;l'avenir est gros de danger&lt;/i&gt;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme du Code de la nationalit&#233;, en cours au moment o&#249; nous &#233;crivons, n'aurait valeur que d'avertissement, si elle ne laissait entrevoir &#224; quelles infamies la droite s'abandonne quand rien ne s'oppose &#224; elle. Plus g&#233;n&#233;ralement dans l'hypoth&#232;se d'une r&#233;alisation, m&#234;me partielle de ses projets, la d&#233;faite, non plus seulement de la gauche, mais des forces sociales qui se sont longtemps identifi&#233;es &#224; elle, serait profonde. Mais dans l'hypoth&#232;se o&#249; un blocage social d&#233;boucherait sur une crise institutionnelle, rien n'indique qu'un changement positif serait &#224; la cl&#233; : la violence des r&#233;voltes ne peut aboutir que si elle trouve une expression politique ad&#233;quate. On est loin du compte &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'il faut tenir compte du Front National qui, lors des derni&#232;res l&#233;gislatives, a mont&#233; qu'il avait stabilis&#233; son influence sur tout le territoire national. Dans certaines r&#233;gions - le midi m&#233;diterran&#233;en, mais aussi la banlieue parisienne - il a conquis une audience de masse. Il est peu probable que le mouvement de Le Pen connaisse une croissance comparable &#224; celle des fascismes historiques. Mais au cas o&#249; la crise sociale et institutionnelle s'approfondirait, il peut appara&#238;tre comme un recours : une partie des extr&#233;mistes de droite qui, aujourd'hui, font partie de la majorit&#233; parlementaire, peut voir en lui, des municipalit&#233;s au gouvernement, un alli&#233; possible. Inutile de souligner ce que signifierait un tel partenariat. Cette hypoth&#232;se - sinistre - doit &#234;tre prise en consid&#233;ration car, aujourd'hui et pour longtemps encore, deux ph&#233;nom&#232;nes jouent en faveur du Front National : la mont&#233;e des nationalismes et la g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;sesp&#233;rance sociale dans toute l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pr&#233;venir ce danger. On ne le fera pas en utilisant les seuls moyens de l' &#171; antifascisme &#187; traditionnel : la mont&#233;e de la droite et de ses ailes extr&#233;mistes se nourrit des d&#233;labrements du tissu social et du syst&#232;me politique ; il n'est envisageable d'y faire face qu'en intervenant au niveau m&#234;me o&#249; la crise prend sa source, en redonnant vie &#224; un projet de transformation sociale. C'est ici que commence le drame : grabataire depuis des ann&#233;es, la gauche, il faut le r&#233;p&#233;ter, est maintenant tr&#233;pass&#233;e. Du moins dans les projets qui l'on fait vivre jusqu'alors. En effet, le constat de d&#233;c&#232;s ne vaut pas enterrement des organisations existantes : le Parti communiste peut encore stagner autour de 10% de l'&#233;lectorat et l'on peut faire confiance aux politiciens socialistes pour doper le squelette de ce qui fut le parti de Jaur&#232;s. Par contre, l'&#233;poque historique o&#249; partis de gauche et syndicats constituaient une force politique porteuse d'une &#171; alternative &#187; est achev&#233;e. Et la gauche fran&#231;ais est &#224; l'avant-garde d'une ruine qui menace toutes les gauches europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 5. Refonder ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les d&#233;combres d'une gestion social-d&#233;mocrate, se multiplient les appels &#224; une refondation. Encore faut-il indiquer avec clart&#233; que celle ci ne saurait se confondre avec la refondation de la Gauche, quand elle est limit&#233;e &#224; une redistribution des forces politiques et index&#233;es sur des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales. Il faut reconstruire en d&#233;blayant les d&#233;bris, proc&#233;der &#224; une refondation qui m&#233;rite son nom par la profondeur de son creusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une rupture, th&#233;orique et pratique, avec la tradition - toutes les traditions - de la Gauche qui est n&#233;cessaire. D&#233;blaiement, mais non renoncement. Rupture, mais non abdication. Cette rupture n'est possible - et ce point est essentiel - qu'au prix d'&lt;i&gt;un retour critique sur l'exp&#233;rience historique du mouvement ouvrier&lt;/i&gt; : les r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques qui l'ont fond&#233;e, les pratiques politiques qui l'ont port&#233;e. La faillite du stalinisme et la crise de la social-d&#233;mocratie interpellent &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; les minorit&#233;s qui ne se sont pas confondues avec les courants dominants. Il ne s'agit pas de satisfaire par l&#224; une quelconque conscience militante malheureuse, mais de r&#233;pondre &#224; une question essentielle : quelles visions th&#233;oriques, quelles formes d'action, quelles conceptions politiques ont pu faciliter les d&#233;formations, monstrueuses ou lamentables, qui ont ruin&#233; les espoirs d'&#233;mancipation : rien ne doit &#233;chapper au crible de la critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'elle pourra, sans reconduire les erreurs du pass&#233;, se tourner vers l'avenir, et choisir des cibles - parmi lesquelles on peut mentionner, &#224; titre indicatif et sans pr&#233;tendre &#234;tre exhaustif, les suivantes : tenter d'identifier quels peuvent &#234;tre les acteurs du changement social ; comprendre les ressorts et tirer les cons&#233;quences de la volont&#233; d'autonomie que l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; tend &#224; renforcer, et dont t&#233;moignent &#224; titre de sympt&#244;mes du possible, toute une s&#233;rie de luttes (et leurs coordinations) de ces derni&#232;res ann&#233;es ; reprendre la critique des formes de l'exploitation et de la domination, des rapports sociaux de sexes et des rapports de pouvoir pour pr&#233;ciser les conditions d'une lutte contre toutes les formes d'oppression &#224; laquelle l'exclusion, la marginalisation de cat&#233;gories sociales enti&#232;res, l'oppression maintenue et renouvel&#233;e des femmes conf&#232;rent une priorit&#233; indiscutable ; approfondir l'examen des transformations du travail productif pour en mesurer les effets sur le contenu des combats &#224; venir et des formes de vie qu'elles appellent ; r&#233;inscrire cette critique dans celle des formes de repr&#233;sentation politique, de codification juridique, de domination &#233;tatique. Cette critique, th&#233;orique et pratique, de la soci&#233;t&#233; est d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre, mais encore lacunaire et dispers&#233;e, comme le sont les luttes qui en gouvernent l'intention. Mais l'on peut contribuer &#224; b&#226;tir sur ce sol le projet politique et trouver &#224; ces luttes l'expression politique qu'appellent les d&#233;fis de la crise mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ces conditions que la r&#233;sistance &#224; la course &#224; la barbarie deviendra efficace. C'est &#224; ce prix que pourra &#234;tre mise en place une strat&#233;gie qui ne se borne pas &#224; la conqu&#234;te de l'Etat et un projet de soci&#233;t&#233; qui soit fond&#233; sur les demandes r&#233;elles des victimes de l'exploitation et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * * &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Faire de la politique autrement, ce n'est ni faire la m&#234;me politique autrement, ni m&#234;me faire autrement de la politique, sans s'interroger sur la politique qu'il faut faire. C'est comprendre qu'un volont&#233; citoyenne ne se forge pas principalement dans les partis et dans les isoloirs, mais par et dans la constitution d'un espace public de d&#233;bats et de pratiques. C'est comprendre qu'un projet social ne se forge pas &#224; l'ext&#233;rieur du mouvement social et, sans leur participation, en direction de ses acteurs. C'est comprendre qu'il n'y pas de pouvoir &#224; prendre s'il n'y a pas d'avenir &#224; conqu&#233;rir. &#192; ceux qui trouveraient ce chemin trop long, il suffira peut-&#234;tre, pendant quelques temps encore et avant que ils ne soient gagn&#233;s par l'oubli, de rappeler o&#249; nous ont conduit les raccourcis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Berger et Henri Maler&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;10 mai 1993&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.S &lt;/strong&gt;(2024) Trente ans apr&#232;s, force est d'admettre que, contrairement &#224; ce que pronostiquait cette analyse la d&#233;cennie qui a suivie ne fut pas celle de tous les dangers. En revanche, les principaux probl&#232;mes diagnostiqu&#233;s alors sont encore d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Premier ministre, sous la Pr&#233;sident Mitterrand, Pierre Beregovoy s'est suicid&#233; le1&#7497;&#691; mai 1993 &#224; Nevers &#224; la suite d'une campagne mettant en cause sa probit&#233; dans des affaires financi&#232;res (note de 2024)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;faite des socialistes aux &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1983&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 29 mars 1993, &#201;douard Balladur est nomm&#233; premier ministre d'un gouvernement de droite (et les reste jusqu'au 11 mai 1995) : le cinqui&#232;me gouvernement du second mandat du pr&#233;sident de la R&#233;publique Fran&#231;ois Mitterrand.(note de 2024)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre la guerre du Kosovo : &#171; Appel europ&#233;en pour une paix juste et durable dans les Balkans &#187;</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Contre-la-guerre-du-Kosovo-Appel-europeen-pour-une-paix-juste-et-durable-dans.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Contre-la-guerre-du-Kosovo-Appel-europeen-pour-une-paix-juste-et-durable-dans.html</guid>
		<dc:date>2024-04-26T09:41:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Guerres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Appel adopt&#233; lors de la r&#233;union internationale tenue &#224; Paris le 15 mai 1999&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Guerres-+.html" rel="tag"&gt;Guerres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/guerre_du_kosovo-41bcf.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Appel adopt&#233; lors de la r&#233;union internationale tenue &#224; Paris le 15 mai 1999&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; dans L'Humanit&#233; du 17 mai 1999. Repris dans Pierre Bourdieu, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les participant(e)s &#224; la r&#233;union internationale, tenue &#224; Paris le 15 mai 1999, se sont fait l'&#233;cho de nombreux appels convergents qui, en Europe et aux USA notamment, se sont oppos&#233;s &#224; la fois &#224; l'&#233;puration ethnique au Kosovo et aux bombardements de l'OTAN contre la Yougoslavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats qui ont lanc&#233; ou soutenu cette guerre non d&#233;clar&#233;e, men&#233;e en dehors de toute l&#233;galit&#233; internationale, ont pr&#233;tendu qu'elle &#233;tait morale et l&#233;gitime puisqu'elle serait exclusivement justifi&#233;e par la d&#233;fense des droits et des vies d'un peuple. Ils admettent que des &#034;erreurs&#034; ou des &#034;d&#233;g&#226;ts collat&#233;raux &#034; ont &#233;t&#233; commis, mais il ne s'agirait que de &#034; faux pas dans la bonne direction&#034;. Toute critique envers la guerre de l'OTAN reviendrait, nous a-t-on dit, &#224; soutenir le r&#233;gime de Slobodan Milosevic ou, au mieux, &#224; refuser d'agir contre sa politique r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est faux. Quel est le bilan de plusieurs semaines de bombardement de l'OTAN ? Une trag&#233;die ! Chaque jour qui passe, la guerre aggrave la situation des populations civiles et rend de plus en plus difficile la r&#233;solution des conflits nationaux au Kosovo et dans l'ensemble de l'espace balkanique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut tenir pour moraux et l&#233;gitimes :&lt;br class='manualbr' /&gt;- une guerre qui fournit un pr&#233;texte &#224; une terrible aggravation du sort du peuple kosovar qu'elle pr&#233;tendait secourir et favorise son exode provoqu&#233; ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- une guerre qui soude autour du r&#233;gime r&#233;pressif de Slobodan Milosevic la population yougoslave agress&#233;e et ainsi aveugl&#233;e sur les responsabilit&#233;s de Belgrade dans le nettoyage ethnique des Kosovars ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- une guerre qui renforce le r&#233;gime, fragilise son opposition d&#233;mocratique, y compris au Mont&#233;n&#233;gro et d&#233;stabilise la Mac&#233;doine ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- des bombardements qui tuent des populations civiles, d&#233;truisent des infrastructures, des usines et des &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre contredit en tous points ses buts affich&#233;s. Elle favorise un catastrophique engrenage, dont il faut sortir au plus t&#244;t : entre, d'un c&#244;t&#233;, l'intensification des bombardements, poursuivis pour tenter de sauver la &#034;cr&#233;dibilit&#233;&#034; de l'OTAN ; et de l'autre l'expulsion brutale et massive de populations, accompagn&#233;e d'un d&#233;cha&#238;nement de violences sans commune mesure avec la r&#233;pression qui s&#233;vissait avant le d&#233;clenchement des bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas vrai que tout avait &#233;t&#233; tent&#233; et que les bombardements &#233;taient une riposte efficace &#224; la r&#233;pression serbe et une r&#233;ponse appropri&#233;e &#224; la d&#233;fense des vies et des droits des Kosovars. Rien n'a &#233;t&#233; fait pour maintenir et &#233;largir la pr&#233;sence des observateurs de l'OSCE et pour impliquer les Etats voisins et les populations concern&#233;es dans la recherche de solutions. Les gouvernements occidentaux ont acc&#233;l&#233;r&#233; la d&#233;sint&#233;gration yougoslave et ils n'ont jamais trait&#233; de fa&#231;on syst&#233;matique les questions nationales imbriqu&#233;es de cette f&#233;d&#233;ration. Ils ont ent&#233;rin&#233; le d&#233;pe&#231;age ethnique de la Bosnie-Herz&#233;govine conjointement organis&#233; &#224; Belgrade et Zagreb. Et ils ont laiss&#233; s'enliser la question albanaise du Kosovo parce qu'ils pr&#233;f&#233;raient ignorer l'expulsion des Serbes de la Krajina croate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion des n&#233;gociations de Rambouillet, ils ont opt&#233; pour le recours aux arm&#233;es de l'OTAN au lieu de proposer une force d'interposition internationale, agissant sur mandat de l'ONU, alors qu'une telle proposition aurait pu &#234;tre alors l&#233;gitimement impos&#233;e face &#224; un refus de Milocevic : cette force d'interposition aurait &#233;t&#233; beaucoup plus efficace pour prot&#233;ger les populations que les bombes de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il faut exiger :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le retour de populations albanaises sous protection internationale, plac&#233;e sous la responsabilit&#233; de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Nations Unies, &lt;br class='manualbr' /&gt;- Le retrait des forces serbes du Kosovo,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour atteindre ces objectifs, obtenir d'abord :&lt;br class='manualbr' /&gt;- La cessation imm&#233;diate des bombardements.&lt;br class='manualbr' /&gt;- La r&#233;ouverture d'un processus de n&#233;gociation sur ces bases, dans le cadre de l'ONU, non seulement n'implique aucune confiance envers Slobodan Milosevic, mais elle serait plus d&#233;stabilisatrice pour son pouvoir que les bombes qui n'ont depuis quelques semaines affect&#233; que la population et l'opposition yougoslaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle d&#233;marche doit reposer sur un principe et s'accompagner de moyens indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un principe : le respect du droit des peuples, et notamment du peuple Kosovar albanais et serbe, &#224; d&#233;cider eux-m&#234;mes de leur propre sort, dans le respectdes droits des minorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moyens :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Une aide &#233;conomique aux Etats balkaniques, uniquement et strictement subordonn&#233;e au respect des droits individuels et collectifs ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Une enqu&#234;te sur les atrocit&#233;s commises au Kosovo, conduite sous l'autorit&#233; du TPI ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le respect du droit d'asile, , selon les termes de la Convention de Gen&#232;ve, l'accueil de tous les r&#233;fugi&#233;s qui le souhaitent et des d&#233;serteurs yougoslaves et leur circulation dans tous les pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons enfin un d&#233;bat public dans nos pays sur le bilan de l'OTAN, sur le r&#244;le qu'elle s'attribue d&#233;sormais et sur les perspectives de la s&#233;curit&#233; en Europe. Celle-ci ne saurait reposer, &#224; nos yeux, sur une logique de guerre ou d'augmentation des d&#233;penses d'armements, destin&#233;e &#224; mener une politique de grande puissance, mais avant tout sur une politique de d&#233;veloppement et d'&#233;radication de la mis&#232;re sociale et de r&#233;alisation des droits universels des peuples et des &#234;tres humains, hommes et femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous poursuivrons quant &#224; nous :&lt;br class='manualbr' /&gt;- L'action de solidarit&#233; avec les oppositions d&#233;mocratiques politiques, syndicales, associatives, f&#233;ministes qui r&#233;sistent aux pouvoirs r&#233;actionnaires ;&lt;br class='autobr' /&gt;
_- L'action de solidarit&#233; avec les populations expuls&#233;es, en d&#233;fense de leur droit d'asile comme de leur droit au retour et &#224; l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, le 15 mai 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signataires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Allemagne : Joachim Bishoff, Franzisca Brautner, Richard Detj, Wolfgang Gehrcke, Frigga Haug, Wolgang Fritz Haug, Alex Neumann, Jakob Sch&#228;ffer, Dr. Peter Strutynski, Frieder Otto Wolf Autiche : Wielfried Graf Belgique : Mateo Alaluf, Fran&#231;ois Vercammen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danemark : Soren Sondergaard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espagne : Francisco Fernandez Buey, Jaime Pastor, Carlos Taibo, Manuel Vazquez Montalban, Asceu Uriarte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etats-Unis : James Cohen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande-Bretagne : Sebastian Bogden, Daniel Singer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Italie : Salvatore Cannavo, Giuseppe Chiarante, Rossana Rossanda&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Su&#232;de : Anders Fogelstr&#246;m&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France : Nils Andersson, Olivier Azam, Nicholas Bell, Daniel Bensa&#239;d, Martine Billard, Alexandre Bilous, Pierre Bourdieu, Philippe Boursier, Suzanne de Brunhoff, Philippe Chailan, Jean- Christophe Chaumeron, Patrice Cohen-S&#233;at, Marianne Debouzy, Fran&#231;oise Dielhmann, Zorka Domic, Bernard Doray, Yves Durrieu, Danielle Espagnola, Concepcion de la Garza, Elisabeth Gauthier, Serge Guichard, Michel Husson, Isabelle Kalinowski, Pierre Lantz, Fr&#233;d&#233;ric Lebaron, Francette Lazar, Catherine L&#233;vy, Isabelle Lorand, Henri Maler, Roger Martelli, Anne Mazauric, Jean-Paul Monferran, Aline Pailler, Claude F. Poliak, Jean Sagne, Catherine Samary, Anick Sicart, Jeanne Singer, Marie- No&#235;lle Thibaut, Rolande Tremp&#233;, Catherine Tricot, Patrick Vassalo, Raphel Weil, Francis Wurtz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du meeting du 15 mai 1999 &#224; Paris, il a &#233;t&#233; re&#231;u des messages de Joachim Bishopp et Richard Detje (Allemagne), Arthur Mitzman, Marcel van der Linden et Michael Kratetke (Pays-Bas), Tony Benn et Ken Loach (Grande-Bretagne), Ignacio Ramonet (France), Noam Chomsky et Edward Sa&#239;d (Etats-Unis).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Publi&#233; dans &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/appel-europeen-pour-une-paix-juste-et-durable-dans-les-balkans-207537&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 17 mai 1999&lt;/a&gt;. Repris dans Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt;, &#233;ditions Agone2022, p. 432-035. Consultable &lt;a href=&#034;https://docplayer.fr/230469024-Appel-europeen-de-paris-pour-une-paix-juste-et-durable-dans-les-balkans.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site DocPlayer&lt;/a&gt;. Voir aussi Serge Halimi, Dominique Vidal, Henri Maler, Mathias Raymond, &lt;i&gt;L'opinion &#231;a se travaille. Les m&#233;dias et la &#171; guerres justes &#187;&lt;/i&gt;, &#233;dition Agone, sixi&#232;me &#233;dition 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour m&#233;moire</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Pour-memoire.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Pour-memoire.html</guid>
		<dc:date>2023-11-17T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>En tant que juif</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une missive antis&#233;mite qui conna&#238;t aujourd'hui bien des actualisations et adaptations.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-En-tant-que-juif-+.html" rel="tag"&gt;En tant que juif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L126xH150/antisemitisme-b31a2.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='126' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon p&#232;re (aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;) exer&#231;ait, entre 1939 et 1945, l'honorable profession d'artisan dans l'atelier d'&#233;lectricit&#233; qu'il avait ouvert &#224; Toulouse J'ai retrouv&#233; dans ses papiers cette missive antis&#233;mite qui conna&#238;t aujourd'hui bien des actualisations et adaptations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orthographe et ponctuation d'origine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre dat&#233;e du 18 ao&#251;t 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Maller,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous Vous demandont de bien Vouloire debaracer la cour de touts les Juif qui se trouve &#224; Votre service et de les ranplacer par des Fran&#231;ais nous vous feliciteron si non nous le feron nous m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ami&lt;br class='autobr' /&gt;
Ermeny&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L500xH702/denonciation-e59fe.jpg?1726257076' width='500' height='702' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soutenir Isra&#235;l ? Pas en notre nom ! (avril 2002)</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Soutenir-Israel-Pas-en-notre-nom-avril-2002.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Soutenir-Israel-Pas-en-notre-nom-avril-2002.html</guid>
		<dc:date>2023-11-16T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>En tant que juif</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Contre l'usurpation de la repr&#233;sentation des juifs par le Crif et les dirigeants isra&#233;liens, en 2017 comme en 2002.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Etat-de-la-critique-des-media-.html" rel="directory"&gt;Interventions, altercations &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Palestine-+.html" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Israel-+.html" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-En-tant-que-juif-+.html" rel="tag"&gt;En tant que juif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L101xH150/arton42-29162.jpg?1726251038' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Conseil repr&#233;sentatif des institutions juives de France (CRF) usurpe la repr&#233;sentation des juifs de France et r&#233;cidive r&#233;guli&#232;rement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; du Conseil repr&#233;sentatif des institutions juives de France, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la seconde Intifada&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement de r&#233;volte des Palestiniens,de septembre 2000 jusqu'&#224; environ (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , le CRIF appelait &#224; soutenir la politique de l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Le 5 avril 2002, une tribune collective dont j'&#233;tais l'un des signataires &#233;tait publi&#233;e &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/vous/article/2002/04/05/soutenir-israel-pas-en-notre-nom_269759_3238.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; d&#233;non&#231;ait cette usurpation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;c&#233;dente tribune &#224; laquelle je m'&#233;tais associ&#233;, publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; en octobre 2000, sous le titre &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/En-tant-que-juifs-2000.html&#034;&gt;&#171; En tant que juifs &#187;&lt;/a&gt;, d&#233;non&#231;ait la pr&#233;tention du gouvernement isra&#233;lien &#224; repr&#233;senter tous les juifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soutenir Isra&#235;l ? Pas en notre nom !&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil repr&#233;sentatif des institutions juives de France (CRIF) appelle &#224; manifester le 7 avril [2002]l non seulement pour protester contre les attaques de lieux de culte, mais pour &#034;soutenir Isra&#235;l&#034;. Alors que le nettoyage militaire bat son plein dans les territoires occup&#233;s, ce soutien prend une signification bien particuli&#232;re. Pr&#233;tendant parler au nom des Juifs du monde entier, les dirigeants isra&#233;liens et les porte-parole communautaires usurpent la m&#233;moire collective du jud&#233;ocide et commettent un d&#233;tournement d'h&#233;ritage. Reprenant le mot d'ordre des opposants am&#233;ricains aux croisades imp&#233;riales, nous r&#233;pondons : &#034;Pas en notre nom !&#034; Ariel Sharon a en effet r&#233;solu, avec le soutien de George W. Bush, d'&#233;craser la r&#233;sistance palestinienne, de d&#233;truire ses institutions, d'humilier ses dirigeants et d'acculer leur peuple &#224; un nouvel exode. Le jour de P&#226;ques, les informations t&#233;l&#233;vis&#233;es nous ont offert le spectacle d&#233;go&#251;tant d'un pr&#233;sident &#034;&#233;tasunien&#034;, affal&#233; en tenue d&#233;contract&#233;e de week-end, r&#233;clamant cyniquement un surcro&#238;t d'efforts et de bonne volont&#233; &#224; un Yasser Arafat assi&#233;g&#233; dans ses locaux, priv&#233; d'eau, et &#233;clair&#233; &#224; la bougie ! Devant la tragique solitude du peuple palestinien, la &#034;communaut&#233; internationale&#034; rivalise en d&#233;missions et capitulations honteuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ministres travaillistes isra&#233;liens ex&#233;cutent docilement la politique du pire ! Les dirigeants arabes ne font rien pour faire respecter les droits du peuple palestinien. Prompts &#224; embo&#238;ter le pas aux l&#233;gions imp&#233;riales am&#233;ricaines au nom du droit international, les dirigeants europ&#233;ens se contentent au mieux de bonnes paroles lorsque les troupes de Sharon bafouent ouvertement les r&#233;solutions de l'ONU ! Les belles &#226;mes intellectuelles, qui se sont &#233;mues, &#224; juste titre, du sort des r&#233;fugi&#233;s kosovars ou des bombardements sur Grozny, se taisent sur le sort des r&#233;fugi&#233;s palestiniens et se lavent les mains devant les murs calcin&#233;s et les ruines de Ramallah !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pleins de compassion pr&#233;-&#233;lectorale envers les victimes d'actes antis&#233;mites que rien, et certainement pas le soutien au peuple palestinien, ne peut justifier, nos gouvernants deviennent pudiquement silencieux devant les crimes commis par les troupes d'occupation en Cisjordanie ! Ceux et celles qui justifient le droit au retour des juifs en Isra&#235;l, au nom d'un droit du sang mill&#233;naire, refusent le droit du sol aux Palestiniens ! Les dignitaires des Nations unies s'accommodent des humiliations inflig&#233;es &#224; l'Autorit&#233; palestinienne ! Ceux qui pr&#233;tendent administrer la justice universelle d&#233;tournent la t&#234;te devant les &#034;liquidations extra-judiciaires&#034;, les ex&#233;cutions sommaires de prisonniers, et les crimes de guerre d'Ariel Sharon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnu par l'Autorit&#233; palestinienne et par nombre de gouvernements arabes, le fait national isra&#233;lien est d&#233;sormais &#233;tabli de mani&#232;re irr&#233;versible. Mais une paix durable exige la reconnaissance r&#233;ciproque de deux peuples et leur coexistence fond&#233;e sur les droits &#233;gaux. Les Isra&#233;liens ont un Etat souverain, une arm&#233;e puissante, un territoire ; les Palestiniens sont parqu&#233;s dans des camps depuis un demi-si&#232;cle, soumis aux brutalit&#233;s et aux humiliations, assi&#233;g&#233;s sur un territoire en peau de chagrin : grande comme un d&#233;partement fran&#231;ais, la Cisjordanie est lac&#233;r&#233;e de routes strat&#233;giques, cribl&#233;e de plus de 700 check points, h&#233;riss&#233;e de colonies. Il n'y a pas sym&#233;trie entre occupants et occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retrait inconditionnel de l'arm&#233;e isra&#233;lienne des territoires occup&#233;s et le d&#233;mant&#232;lement des colonies ne constitueraient m&#234;me pas une r&#233;paration de l'injustice faite aux Palestiniens, mais seulement l'application d'un droit formellement reconnu depuis trente-cinq ans, des r&#233;solutions 242 et 337 de l'ONU jusqu'&#224; la r&#233;solution 1042 du Conseil de s&#233;curit&#233;. Bush demande au contraire toujours davantage de concessions et de gages aux victimes. Sharon s&#233;questre leurs repr&#233;sentants, dynamite leurs maisons, tandis que son arm&#233;e bloque les secours sanitaires. Cette politique du pire conduit tout droit &#224; la catastrophe non seulement le peuple palestinien menac&#233; d'un nouvel exode purificateur, mais aussi le peuple isra&#233;lien entra&#238;n&#233; dans la spirale suicidaire de ses dirigeants. Car quel peut &#234;tre l'avenir d'un Etat fond&#233; sur l'oppression, l'injustice et le crime ? Et quel peut &#234;tre l'avenir d'un peuple fuyant ses malheurs et ses angoisses dans une escalade meurtri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait pr&#233;visible qu'&#224; force d'assimiler le juda&#239;sme &#224; la raison d'Etat isra&#233;lienne et de pr&#233;senter les institutions juives comme des ambassades officieuses d'Isra&#235;l, les apprentis sorciers du Grand Isra&#235;l finiraient par &#234;tre pris au mot, ce qui n'en rend pas moins odieux et inadmissibles des attentats contre des synagogues et des &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous condamnons les agressions qui visent une communaut&#233; en tant que telle et rendent les juifs collectivement responsables des exactions commises par le gouvernement isra&#233;lien. Nous condamnons toute d&#233;rive antis&#233;mite de la lutte contre sa politique. Nous condamnons, pour raisons tant morales que politiques, les attentats contre les populations civiles en Isra&#235;l. Les actions contre les colonies et l'arm&#233;e d'occupation rel&#232;vent en revanche d'une r&#233;sistance historiquement l&#233;gitime et d'une d&#233;fense de droits imprescriptibles. Il y a trois mois encore, le ministre isra&#233;lien de l'int&#233;rieur Ouzi Landau annon&#231;ait dans Le Monde (14 d&#233;cembre 2001) une &#034;lutte &#224; mort&#034; contre les Palestiniens, aussi longtemps que ces derniers auraient une goutte d'espoir. Ce d&#233;sespoir sciemment entretenu constitue ainsi le terreau dans lequel s'enracine la violence extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Sharon avait promis la s&#233;curit&#233; aux Isra&#233;liens, leur pays est devenu l'endroit du monde o&#249; les juifs sont le plus en ins&#233;curit&#233;. Liant le sort de son peuple &#224; la guerre illimit&#233;e contre le terrorisme d&#233;cr&#233;t&#233;e par George W. Bush, il &#233;tait pourtant clair que sa politique du pire deviendrait une machine infernale &#224; fabriquer des kamikazes. D&#233;non&#231;ant toute d&#233;rive raciste ou antis&#233;mite en France comme au Moyen-Orient, solidaires des droits nationaux et d&#233;mocratiques du peuple palestinien, nous refusons l'escalade guerri&#232;re et sa chronique d'un d&#233;sastre annonc&#233;. Nous exigeons l'application des r&#233;solutions de l'ONU, le retrait inconditionnel d'Isra&#235;l des territoires occup&#233;s, le d&#233;mant&#232;lement des colonies et la reconnaissance imm&#233;diate par l'Union europ&#233;enne d'un Etat palestinien la&#239;que et souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Bensa&#239;d, Rony Brauman, Suzanne de Brunhoff, Liliane Cordova-Kaczerginsky, Marc Cramer, Joss Dray, Rachel Garbaz, Gis&#232;le Halimi, Samuel Johsua, Francis Kahn, Pierre Khalfa, Hubert Krivine, Isabelle Kzwykowski, Dominique L&#233;vy, Henri Maler, Willy Rozenbaum, Nicolas Shashahani, Catherine Samary, Mich&#232;le Sibony, Pierre Vidal-Naquet, Olivia Zemor&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lire aussi, ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;https://www.henri-maler.fr/En-tant-que-juifs-2000.html&#034;&gt;&#171; En tant que juifs &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Communiqu&#233; du Conseil repr&#233;sentatif des institutions juives de France, en date du 7 d&#233;cembre 2017 : &lt;i&gt;&#034;Le Crif salue la d&#233;cision historique du Pr&#233;sident am&#233;ricain Donald Trump de reconna&#238;tre J&#233;rusalem comme capitale de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, et le transfert prochain de l'Ambassade des &#201;tats-Unis&#034;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#034;appelle le Pr&#233;sident Emmanuel Macron &#224; engager notre pays dans la m&#234;me d&#233;marche courageuse.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mouvement de r&#233;volte des Palestiniens,de septembre 2000 jusqu'&#224; environ f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
