<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convoiter l'impossible</title>
	<link>http://athena.henri-maler.fr/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.henri-maler.fr/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Convoiter l'impossible</title>
		<url>https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L144xH190/siteon0-0bf5e.jpg?1726251026</url>
		<link>http://athena.henri-maler.fr/</link>
		<height>190</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Front national : indignations s&#233;lectives et banalisation effective [2014]</title>
		<link>https://www.henri-maler.fr/Front-national-indignations-selectives-et-banalisation-effective-2014.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.henri-maler.fr/Front-national-indignations-selectives-et-banalisation-effective-2014.html</guid>
		<dc:date>2024-05-12T21:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Critiquer les m&#233;dias</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dix ans ont pass&#233;. Analyse actuelle, mais r&#233;visable, publi&#233;e peu de temps apr&#232;s les &#233;lections europ&#233;ennes de mai 2014 dans la revue Savoir/Agir et mise en ligne ici m&#234;me un mois avant les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2024.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/-Sur-les-medias-.html" rel="directory"&gt;Sur les m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.henri-maler.fr/+-Critiquer-les-medias-+.html" rel="tag"&gt;Critiquer les m&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.henri-maler.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/front_national-4f656.jpg?1726251037' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dix ans ont pass&#233; depuis les &#233;lections europ&#233;enne de mai 2014 et la publication de cet article dans la revue &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-savoir-agir-2014-3.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Savoir/Agir&lt;/i&gt; n&#176; 29 de septembre 2014&lt;/a&gt; pages 95 &#224; 103. . Analyse actuelle, mais r&#233;visable, publi&#233;e ici m&#234;me un mois avant les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2024.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Depuis les &#233;lections europ&#233;ennes du dimanche 25 mai [2014] et la victoire du Front national, le sens et la port&#233;e des r&#233;sultats ont fait l'objet d'innombrables commentaires. Mais &#224; quelques r&#233;serves pr&#232;s, une seule question retiendra notre attention : dans quelle mesure et comment les m&#233;dias dominants favorisent-ils le Front national, non seulement en cette occasion, mais de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#244;le effectif, mais second, voire secondaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Commen&#231;ons par &#233;liminer deux id&#233;es re&#231;ues, non pour nier d'embl&#233;e un quelconque r&#244;le des m&#233;dias dans les dynamiques politiques actuelles, mais pour aller &#224; l'encontre de certains raccourcis en vogue, qui desservent plus qu'ils ne servent la critique des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, les m&#233;dias ne sont pas les principaux responsables de la mont&#233;e du Front national. Ce serait leur pr&#234;ter un &#171; pouvoir &#187; disproportionn&#233; que d'expliquer prioritairement par leur r&#244;le l'&#233;cho que rencontrent les &#171; th&#232;ses &#187; et &#171; th&#232;mes &#187; port&#233;s par le Front national, ainsi que ses scores &#233;lectoraux. Les m&#233;dias ne cr&#233;ent pas les mouvements d'opinion : ils peuvent les accompagner, les amplifier ou les brider. Les m&#233;dias n'interviennent pas isol&#233;ment : leur &#171; pouvoir &#187; n'existe qu'en r&#233;sonance ou en convergence avec d'autres pouvoirs, &#224; commencer par le pouvoir politique. Enfin, ce serait faire bien peu de cas des intelligences individuelles et collectives que de penser que certaines pratiques et postures journalistiques et &#233;ditoriales, aussi r&#233;pandues et critiquables soient-elles, s'imposent m&#233;caniquement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le &#171; pouvoir des m&#233;dias &#187;, &#233;couter ici m&#234;me une conf&#233;rence de septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8239;. Nul besoin pour s'en convaincre de se r&#233;f&#233;rer aux enseignements de la sociologie de la r&#233;ception (que l'on aurait tort de m&#233;sestimer) : il suffit de se souvenir de l'exp&#233;rience du r&#233;f&#233;rendum de 2005 sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en (TCE) pour s'en convaincre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La quasi-unanimit&#233; &#233;ditoriale en faveur du oui (qui faisait &#233;cho &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8239;. Et c'est aussi &#224; rebours de leur condamnation m&#233;diatique que les partisans du Front national forgent leurs convictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce n'est pas le temps de parole accord&#233; aux repr&#233;sentants de ce parti ou &#224; la mise en discussion, en leur pr&#233;sence, de leurs prises de position qui est en cause, du moins tant que ce temps se tient dans les limites des r&#233;sultats enregistr&#233;s lors du premier tour des &#233;lections l&#233;gislatives (qui, pour les partis politiques, sont le moins pire des crit&#232;res pour r&#233;guler leur pr&#233;sence m&#233;diatique)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si les r&#232;gles fix&#233;es &#224; ce sujet par le CSA sont tr&#232;s contestables, elles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et tant que le temps de parole consacr&#233; au Front national, en pr&#233;sence ou non de ses repr&#233;sentants &#8211; nous y reviendrons &#8211; ne se focalise pas sur les sondages, les pronostics et les r&#233;sultats, au d&#233;triment de toute autre discussion. Dans tous les cas, ce n'est pas en cassant le thermom&#232;tre que l'on fait tomber la fi&#232;vre. Ce n'est pas en privant le Front national d'expression d&#233;mocratique que l'on combat ses tentations pour le moins anti-d&#233;mocratiques. Au contraire : la sous-repr&#233;sentation m&#233;diatique du Front national aurait continu&#233; &#224; alimenter sa &#171; victimisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le r&#244;le des m&#233;dias est second, voire secondaire. Pour s'en convaincre il suffit de mentionner, sans pr&#233;tendre proposer une analyse qui exc&#232;de les limites que l'on peut assigner &#224; la critique des m&#233;dias, quelques facteurs explicatifs de l'enracinement du Front national qu'il serait incongru, pour ne pas dire dangereux, d'ignorer ou de n&#233;gliger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enracinement est avant tout l'un des effets de la longue crise du capitalisme et de sa gestion n&#233;o-lib&#233;rale, &#233;conomiquement inefficace et socialement d&#233;sastreuse, par les gouvernements qui se succ&#232;dent en France sans que les politiques changent radicalement. Cette crise, &#224; elle seule, n'expliquerait pas la place prise par le Front national si elle ne se doublait pas d'une crise politique de la repr&#233;sentation par les partis dominants et d'une crise sociale qui met durement &#224; l'&#233;preuve les solidarit&#233;s ouvri&#232;res et populaires : reflux des luttes sociales victorieuses, recul de la perspective d'une inversion des rapports de forces par des mobilisations collectives et, par cons&#233;quent, tentations du repli, qu'il soit national, identitaire ou communautaire. On comprend d&#232;s lors que la question nationale, dans sa version nationaliste, se substitue, pour de larges franges de la population, &#224; la question sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce sont l&#224; les facteurs pr&#233;pond&#233;rants de la place politique prise par le Front national, il n'est nul besoin de l'attribuer &#224; la place qu'il occupe dans l'espace m&#233;diatique, voire &#224; une &#171; lep&#233;nisation &#187; des m&#233;dias eux-m&#234;mes ou &#224; une &#171; lep&#233;nisation des esprits &#187; dont ces m&#233;dias seraient les principaux responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au plus peut-on leur pr&#234;ter, mais c'est d&#233;j&#224; beaucoup et beaucoup trop, des fonctions de l&#233;gitimation et d'incitation : l&#233;gitimation de th&#232;mes port&#233;s par le Front national, incitation &#224; lui faire confiance. Encore ne s'agit-il l&#224; que des tendances les plus lourdes. Sans doute, le traitement m&#233;diatique du Front national et des th&#232;mes qu'il affectionne ne se r&#233;sume-t-il pas &#224; ces tendances : dans la presse &#233;crite, les quotidiens et les hebdomadaires nationaux sont des m&#233;dias de parti pris qui ne font pas uniform&#233;ment le lit du Front national. Mais leur influence ne cesse de d&#233;cliner au regard des radios et, surtout, des t&#233;l&#233;visions. Ce sont ces derni&#232;res qui sont particuli&#232;rement en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;politisation m&#233;diatique de la politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Si les m&#233;dias ou, du moins nombre d'entre eux, contribuent, m&#234;me indirectement, &#224; favoriser le Front national, c'est d'abord &#8211; bien que cette cause ne soit sans doute pas la principale &#8211; en raison de modes de traitement des questions politiques qui reposent, pour le formuler de mani&#232;re abrupte, sur une d&#233;politisation de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en sc&#232;ne m&#233;diatique des enjeux politiques est focalis&#233;e sur les confrontations qui agitent le microcosme partisan, au d&#233;triment, trop souvent, de l'information sur les d&#233;bats de fond, les positions, les propositions, les projets. Quand elles ne se limitent pas au recensement des &#171; petites phrases &#187; et des &#171; bons mots &#187; que l'on commente longuement, les informations et les analyses se concentrent sur les strat&#233;gies de communication des acteurs politiques, sur des bruits de couloir, sur les chamailleries internes, sur les enqu&#234;tes de popularit&#233;, sur les ambitions personnelles, etc. Une telle focalisation sur les questions qui pr&#233;occupent le microcosme m&#233;diatico-politique, et non sur les probl&#232;mes dont les politiques sont cens&#233;s s'occuper, accr&#233;dite une version politicienne de la politique, qui en d&#233;tourne de larges fractions de la population (en particulier dans les classes populaires) et contribue &#224; l&#233;gitimer le discours &#171; antisyst&#232;me &#187; du Front national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique des &#171; affaires &#187; n'est pas non plus sans effets. Ce sont sans nul doute ces &#171; affaires &#187; elles-m&#234;mes qui ont les cons&#233;quences les plus nocives. Et les enqu&#234;tes journalistiques qui les r&#233;v&#232;lent et/ou les m&#233;diatisent sont plus que souhaitables. Mais cette m&#233;diatisation ne garantit pas, en elle-m&#234;me, des effets vertueux pour la d&#233;mocratie, surtout quand elle s'en tient &#224; des r&#233;cits des circonstances particuli&#232;res des malversations et des trajectoires personnelles de leurs auteurs, sans mettre en question les structures &#233;conomiques et institutionnelles qui permettent et favorisent ces malversations. Une telle mise en sc&#232;ne nourrit moins une exigence d&#233;mocratique radicale de transformation de ces structures qu'une contestation impuissante d'un &#171; tous pourris &#187;, auquel s'abreuve le Front national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les questions &#233;conomiques et sociales sont elles-m&#234;mes d&#233;politis&#233;es. Entendons par l&#224; que les questions &#233;conomiques et sociales, souvent abord&#233;es &#224; partir de quelques-uns de leurs effets de surface, sont soustraites &#224; un d&#233;bat public qui, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, ne se r&#233;sume pas au trop ou au trop peu qui distingue la droite et la gauche politiquement dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La construction m&#233;diatique des cibles de la peur et de la haine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Ainsi en va-t-il particuli&#232;rement de la promotion et de la mise en sc&#232;ne de th&#232;mes r&#233;put&#233;s refl&#233;ter la r&#233;alit&#233;, qui alimentent le caddie du Front national, sans qu'il ait besoin de faire lui-m&#234;me son march&#233; : ins&#233;curit&#233;, immigration, islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique du probl&#232;me de la s&#233;curit&#233; des biens et des personnes soustrait g&#233;n&#233;ralement sa r&#233;solution &#224; toute autre option politique que l'alternative entre le trop (r&#233;put&#233; &#171; s&#233;curitaire &#187;) ou le trop peu (r&#233;put&#233; &#171; laxiste &#187;) de la r&#233;pression. Or si personne ne songe &#224; nier que la s&#233;curit&#233; des biens et des personnes fasse probl&#232;me, affirmer ou laisser dire que les causes de la d&#233;linquance, ce sont les d&#233;linquants eux-m&#234;mes et que l'origine nationale (voire ethnique) de leurs parents l'emporte sur leurs conditions d'existence, c'est, dans nombre des m&#233;dias, l&#233;gitimer des discours de haine qui r&#233;sonnent dans ceux du Front national. De m&#234;me, monter en &#233;pingle les faits divers d&#233;lictueux qui envahissent les informations t&#233;l&#233;vis&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les faits divers, voir &#171; Flamb&#233;e de faits divers dans les JT depuis dix (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] et multiplier les reportages et les enqu&#234;tes sur les prouesses de la police et de la gendarmerie, au d&#233;triment des enqu&#234;tes sur la mis&#232;re sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : &#171; &#8220;90' Enqu&#234;tes&#8221; sur TMC : racolages s&#233;curitaires et spectaculaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8239;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'ins&#233;curit&#233;, l'immigration ou l'islam, une m&#234;me conclusion semble d&#232;s lors s'imposer, dont t&#233;moignent d'innombrables micros-trottoirs qui, pour une fois, ne mentent pas : &#171; Avec ce qu'on voit &#224; la t&#233;l&#233; ! &#187;. Or ce que l'on voit &#224; la t&#233;l&#233;, ce n'est pas cette r&#233;alit&#233; qu'il serait mals&#233;ant de nier, mais la construction m&#233;diatique de cette r&#233;alit&#233;, index&#233;e sur l'audimat. Une construction qui cultive toutes les peurs et les intensifie : tant il est vrai que, parmi les effets reconnus par les &#233;tudes de r&#233;ceptions, la peur est un sentiment que la t&#233;l&#233;vision r&#233;pand plus que tout autre et qui &#8211; sur l'ins&#233;curit&#233;, l'immigration, l'islam &#8211; gave le Front national de partisans, de sympathisants et d'&#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute ces r&#233;ductions ne sont-elles pas le fait de tous les m&#233;dias, mais elles sont omnipr&#233;sentes dans les m&#233;dias les plus consult&#233;s : les radios et surtout les t&#233;l&#233;visions. Et quand bien m&#234;me, pour ne prendre qu'un exemple, les articles du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; seraient moins caricaturaux que ses &#171; unes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Mont&#233;e du FN : Le Point fait son autocritique &#187;.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les lecteurs de cet hebdomadaire minoritairement tent&#233;s par le Front national, l'affichage des &#171; unes &#187; dans l'espace public contribue &#224; une banalisation des th&#232;mes chers au Front national. Une banalisation &#224; laquelle concourent de trop nombreux m&#233;dias. Au c&#339;ur de cette banalisation, l'id&#233;e absurde selon laquelle le Front national poserait de vrais probl&#232;mes, mais apporterait de mauvaises solutions : comme si les solutions n'&#233;taient pas largement impliqu&#233;es dans la fa&#231;on de poser les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;vergondage m&#233;diatique, particuli&#232;rement &#224; la t&#233;l&#233;vision, l&#233;gitime les cibles qui font partie du patrimoine du Front national : on a pu le v&#233;rifier une fois encore quand, comme nous l'avions relev&#233;, &#224; l'occasion d'un d&#233;bat sur l'Europe, &#171; Pujadas tend la perche &#224; Marine Le Pen &#187;. Mais cette d&#233;politisation sensationnaliste n'est pas la seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La construction m&#233;diatique de d&#233;bats mutil&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Depuis de longs mois (et r&#233;cemment &#224; l'occasion des &#171; municipales &#187; et surtout des &#171; europ&#233;ennes &#187; de 2014), le Front national a &#171; enrichi &#187; son patrimoine en se mobilisant sur la crise &#233;conomique, les fermetures d'usines, les licenciements et toutes les formes de la mis&#232;re sociale en prenant pour cibles la finance, &#171; l'europ&#233;isme &#187; et &#171; le mondialisme &#187;. Qui pourrait faire grief aux m&#233;dias dominants d'aborder notamment la question de l'Union europ&#233;enne, du r&#244;le de l'euro et plus g&#233;n&#233;ralement des politiques &#233;conomiques ? Mais comment le font-ils ? En mutilant la pr&#233;sentation des options possibles. Autre forme de d&#233;politisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique de &#171; la question europ&#233;enne &#187;, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale et pas seulement &#224; l'occasion des r&#233;centes &#233;lections, favorise le Front national bien au-del&#224; du temps qui lui est attribu&#233; ou qui lui est consacr&#233;. L'opposition d'un simplisme consternant entre &#171; pro-europ&#233;ens &#187; et &#171; anti-europ&#233;ens &#187; (selon une appellation parfois temp&#233;r&#233;e par celle d'&#171; eurosceptiques &#187;, mais confirm&#233;e par celle d'&#171; europhobes &#187;) d&#233;figure le d&#233;bat : cette opposition, quand elle est m&#233;diatiquement construite, confie en effet la d&#233;fense d'un projet europ&#233;en, quel qu'il soit, aux seuls partis qui ch&#233;rissent l'Union europ&#233;enne (sous r&#233;serve de quelques transformations). Dans la foul&#233;e, la m&#234;me opposition amalgame toutes les critiques de l'Union europ&#233;enne et les place sous l'&#233;gide quasi exclusive du nationalisme exacerb&#233; du Front national. Au point que tous les &#171; Non &#187; &#224; cette Europe, que l'on propose ou non de la quitter, sont, peu ou prou, pr&#233;sent&#233;s comme de simples variantes de ce nationalisme-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique des &#171; questions &#233;conomiques &#187;, fortement li&#233; &#224; &#171; la question europ&#233;enne &#187;, emprisonne les r&#233;ponses dans des alternatives qui, une fois encore, font la part belle aux &#233;conomistes orthodoxes (et aux partis qui les reprennent plus ou moins), en attribuant &#224; toutes les variantes de l'h&#233;t&#233;rodoxie une place subalterne et en confiant au Front national leur repr&#233;sentation politique. &#171; Pour &#187; ou &#171; contre &#187; l'euro (que ce soit pour l'abandonner ou le refonder), &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187; des formes de protectionnisme (qu'il soit national ou europ&#233;en) : tels sont les choix qui, tels qu'ils sont commun&#233;ment pr&#233;sent&#233;s, l&#233;gitiment le lib&#233;ralisme et le mon&#233;tarisme &#233;conomiques dominants et transforment, dans les discours m&#233;diatiques en vogue, tous les opposants en partenaires malgr&#233; eux du Front national !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;politisation m&#233;diatique du Front national lui-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Prisonniers de leurs pr&#233;suppos&#233;s politiques, la plupart des chroniqueurs et commentateurs, du moins en radios et t&#233;l&#233;visions, ne parviennent ni &#224; exposer ni &#224; discuter des th&#232;ses du Front national. En revanche, le privil&#232;ge accord&#233; aux jeux politiciens sur les enjeux politiques produit ici de n&#233;fastes effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique des sondages et des r&#233;sultats &#233;lectoraux contribue &#224; placer le Front national au centre du d&#233;bat politique. La surinterpr&#233;tation de ces sondages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voire leur pr&#233;sentation totalement biais&#233;e. Voir &#171; L'opinion selon BVA : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de ces r&#233;sultats qui, r&#233;p&#233;tons-le, ne sont pas l'expression chimiquement pure d'une &#171; opinion publique &#187; scientifiquement objectivable et mesurable, contribue &#224; l'imposition du Front national au centre de la vie politique fran&#231;aise et du d&#233;bat public, renfor&#231;ant d&#232;s lors &#8211; en les l&#233;gitimant &#8211; les ambitions du parti pr&#233;sid&#233; par Marine Le Pen. Ainsi, il suffit d'&#234;tre en t&#234;te d'une &#233;lection pour que dans la bouche de nombre de commentateurs qui ont oubli&#233; leurs cours de sociologie politique (s'ils les ont jamais suivis), le Front national devienne &#171; le premier parti de France &#187;&#8230; comme le Front national lui-m&#234;me s'est empress&#233; de le proclamer par affiches le lendemain de l'&#233;lection europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique des images du Front national et de Marine Le Pen, quand il n'&#233;pouse pas les images qu'ils veulent donner d'eux-m&#234;mes, mobilise les commentateurs (second&#233;s par des communicants) au d&#233;triment de la discussion des propositions de ce parti. Comme si les comparaisons entre le ton et le style (quand ce ne sont pas les apparences physiques et vestimentaires) de Marine Le Pen et de son p&#232;re n'accr&#233;ditaient pas l'existence de diff&#233;rences qu'il conviendrait d'abord de mesurer sur le terrain des positions et des pratiques politiques. Comme si les commentateurs et communicants qui se livrent &#224; ces comparaisons ne contribuaient pas, parfois malgr&#233; eux, au d&#233;placement sur le terrain des apparences du d&#233;bat autour d'une pr&#233;tendue &#171; r&#233;novation &#187; du Front national, l&#233;gitimant ainsi cette id&#233;e de &#171; nouveaut&#233; &#187;, qu'un examen et une analyse s&#233;rieuse des propositions du Front national pourraient pourtant largement d&#233;mentir. Ce faisant, les m&#233;dias dominants contribuent &#224; la d&#233;politisation du Front national en relativisant l'examen de la nature de son projet politique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;politisation de la critique du Front national &#233;pouse celle de sa mise en sc&#232;ne. L'administration r&#233;currente (avec le concours des forces politiques) de cours de morale r&#233;publicaine qui ne r&#233;pondent en rien &#224; ce qu'ils pr&#233;tendent combattre, alors que tout le reste (voir ci-dessus) le l&#233;gitime peu ou prou, demeure en de&#231;&#224; de toute mise en question. Mais &#224; la pr&#233;tendue &#171; diabolisation &#187; que le Front national d&#233;non&#231;ait a succ&#233;d&#233; une &#171; d&#233;diabolisation &#187; &#224; laquelle les m&#233;dias ont concouru. S'interroger sur la r&#233;alit&#233; de la &#171; d&#233;diabolisation &#187;, sur les moyens employ&#233;s par le Front national pour y pr&#233;tendre, etc&#8230; contribue largement &#224; ladite &#171; d&#233;diabolisation &#187;. En discutant et commentant les strat&#233;gies d&#233;ploy&#233;es par le Front national pour se normaliser, on accr&#233;dite l'id&#233;e selon laquelle il tendrait vers une normalisation et on concourt &#224; cette normalisation. En d'autres termes, en ce cas, dire c'est faire : annoncer que le Front national se normalise contribue &#224; sa normalisation&#8230; m&#233;diatique. Ce que l'on peut analyser comme une normalisation performative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que des m&#233;dias d'opinion ou de parti pris, comme le sont ouvertement les quotidiens et hebdomadaires nationaux, exercent leur libert&#233; d'opinion et prennent parti, rien de plus normal. Mais ceux qui, peu ou prou, c&#232;dent aux tentations que nous avons relev&#233;es devraient retenir leurs larmes quand ils d&#233;plorent l'impact du Front national. Un peu moins d'inconscience ou de cynisme de leurs chefferies ne nuirait pas au d&#233;bat d&#233;mocratique quand on sait l'influence qu'elles exercent sur les autres m&#233;dias. Mais ce sont surtout les t&#233;l&#233;visions et les radios g&#233;n&#233;ralistes, particuli&#232;rement (mais pas seulement) du secteur public qui devraient r&#233;viser (mais ne r&#234;vons pas trop !) leurs options &#233;ditoriales et leurs programmes, quand ceux-ci incitent &#224; la complaisance &#224; l'&#233;gard du Front national. Non que celle-ci soit n&#233;cessairement intentionnelle. Mais moins de r&#233;v&#233;rence &#224; l'&#233;gard des institutions et aux effets du scrutin majoritaire, moins de soumission &#224; la recherche commerciale de la plus large audience pourraient r&#233;pondre &#224; des exigences effectivement d&#233;mocratiques. Les indignations contre la x&#233;nophobie et le nationalisme ranci seraient peut-&#234;tre un peu moins impuissantes si la banalisation du Front national ne faisait pas bon m&#233;nage avec elles. Il serait ainsi de bon ton de ne pas jouer aux pompiers pyromanes, en entretenant, par les pratiques analys&#233;es ci-dessus, la flamme du Front national : si ce dernier aime toujours autant d&#233;noncer &#171; les &#187; journalistes et &#171; les &#187; m&#233;dias, le moins que l'on puisse dire est que cette rh&#233;torique est de moins en moins fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.S&lt;/strong&gt;. La derni&#232;re saillie de Jean-Marie Le Pen (sur la place r&#233;serv&#233;e &#224; Patrick Bruel dans la prochaine &#171; fourn&#233;e &#187;) a suscit&#233;, comme il se doit, des indignations quasi unanimes, notamment dans les m&#233;dias... Mais elle a permis aussi &#224; quelques leaders du Front national de se d&#233;douaner &#224; peu de frais pour se d&#233;cerner un brevet de respectabilit&#233;... dont nombre de m&#233;dias se sont faits largement et complaisamment l'&#233;cho. Nous en sommes l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Julien Salingue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Sur le sens et la port&#233;e du score &#233;lectoral du Front national&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Les chiffres ne parlent pas d'eux-m&#234;mes. Aussi sont-ils mati&#232;re &#224; controverses. Faut-il s'alarmer sans retenue ou se rassurer &#224; peu de frais ? Pas si simple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si comme Philippe Pelletier le propose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur son blog [&#171; Le triomphe &#233;lectoral du FN en trompe l'&#339;il &#187;,&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;]&#8239;on prend en compte le nombre d'&#233;lecteurs qui accordent leur suffrage au Front National, la victoire &#233;lectorale de mai 2014 t&#233;moigne d'une persistance et non d'une perc&#233;e : &#171; Si on r&#233;sume, l'&#233;tiage du FN depuis sa perc&#233;e &#233;lectorale &#224; la fin des ann&#233;es 1980 se situe &#224; 2 millions de voix (europ&#233;ennes de 1994). Il tourne autour de 4 millions de voix entre 1988 et 2007 (4,3 aux pr&#233;sidentielles de 1988, 3,7 aux l&#233;gislatives de 1997, 3,5 aux r&#233;gionales de 2004)&#8230; Autrement dit, son score des europ&#233;ennes de 2014 (4,7 millions) se situe au-dessus de la moyenne des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes, mais il n'en bat pas les records (6,3 en 2012). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me si on rapporte le score au nombre d'&#233;lecteurs inscrits (et donc que l'on prend en compte l'abstention), comme nous l'&#233;crit l'un de nos correspondants : Les r&#233;sultats lors des derni&#232;res europ&#233;ennes montreraient que &#171; un &#233;lecteur sur quatre &#187; aurait vot&#233; FN (24,86 %). Pourtant, une lecture plus juste serait de consid&#233;rer non pas les bulletins exprim&#233;s, mais les inscrits (incluant donc l'abstention, les nuls et les blancs). D&#232;s lors, le score du FN aux europ&#233;ennes de 2014 chute brutalement (10,12 %) et se retrouve en de&#231;&#224; du fameux premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2002 (11,66 %). On constate &#233;galement que le nombre d'&#233;lecteurs FN par rapport aux nombre d'inscrits a baiss&#233; depuis... 1995 (11,43 %). Et que celui du premier tour de 2012 &#8211; le plus &#233;lev&#233; de l'histoire du FN (13,95 %) &#8211; est, grosso modo, le m&#234;me que celui du second tour de 2002 (13,41 %). Enfin, si 6,4 millions inscrits ont vot&#233; pour Marine Le Pen en 2012, pr&#232;s de 40 millions d'&#233;lecteurs n'ont pas vot&#233; pour le FN. On est encore loin du fascisme rampant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, si l'on prend en compte la nature du scrutin (sur l'Europe) et si l'on compare avec les &#233;lections europ&#233;ennes pr&#233;c&#233;dentes, le FN gagne beaucoup de voix, comme nous l'&#233;crit un autre correspondant : &#171; En 2009 ils r&#233;coltaient 1,1 millions de voix, en 2004 1,7 millions, en 1999 1 million, en 1994, 2 millions, etc. Et, &#224; moins de consid&#233;rer que parmi les abstentionnistes le FN est largement sous-repr&#233;sent&#233; (je ne me hasarderais pas &#224; formuler cette hypoth&#232;se...), il n'y aucune raison que le FN ne progressera pas en voix aux prochaines pr&#233;sidentielles, &#224; moins d'un sursaut en termes de mobilisations, d'une victoire sociale, etc. D'autant que les conflits s'accentuent &#224; l'UMP et que le PS approfondit sa politique pro-patronale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les chiffres ne parlent pas d'eux-m&#234;mes, c'est parce qu'ils ne mesurent pas l'enracinement du Front national : &#224; la fois l'audience de ses th&#232;ses et, &#224; la faveur des derniers scrutins, les progr&#232;s (encore limit&#233;s dans les municipalit&#233;s, mais consistants &#8211; ressources financi&#232;res &#224; la cl&#233; &#8211; au Parlement europ&#233;en) de son implantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se discute&#8230; et ce n'est pas notre propos. En revanche, la port&#233;e politique des r&#233;sultats du Front national se mesure aussi &#224; leur port&#233;e m&#233;diatique. Et, sur ce sujet aucun doute n'est permis : la construction m&#233;diatique du r&#244;le du Front national est disproportionn&#233;e&#8230; et contribue, en le pla&#231;ant au centre du d&#233;bat m&#233;diatique, &#224; le placer au centre du d&#233;bat politique, surtout quand celui-ci a pour enjeu&#8230; l'anticipation de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2017. ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le &#171; pouvoir des m&#233;dias &#187;, &#233;couter ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3882.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une conf&#233;rence de septembre 2012&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La quasi-unanimit&#233; &#233;ditoriale en faveur du oui (qui faisait &#233;cho &#224; la quasi-unanimit&#233; des partis de gouvernement) et le traitement m&#233;diatique tr&#232;s d&#233;favorable des partisans du non et de leurs arguments n'ont pas suffi &#224; emp&#234;cher le large rejet du TCE. La contre-information r&#233;alis&#233;e par la campagne pour le non, les effets contradictoires du matraquage m&#233;diatique en faveur du oui, qui s'est en partie retourn&#233; contre ses artisans, et surtout le d&#233;calage entre le discours sur les vertus de l'Europe et la r&#233;alit&#233; quotidienne v&#233;cue par des millions de gens, ont largement conditionn&#233; un scrutin qui a d&#233;montr&#233; que les m&#233;dias n'&#233;taient pas tout-puissants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si les r&#232;gles fix&#233;es &#224; ce sujet par le CSA sont tr&#232;s contestables, elles sont globalement respect&#233;es par les grands m&#233;dias : le FN b&#233;n&#233;ficie d'un temps d'antenne &#233;quivalent &#224; son poids &#233;lectoral lors du premier tour des derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives, et les d&#233;s&#233;quilibres qui ont pu &#234;tre constat&#233;s durant la r&#233;cente campagne (notamment sur BFM TV) ont &#233;t&#233; corrig&#233;s. Si une critique des temps d'antenne peut &#8211; et doit &#8211; &#234;tre formul&#233;e, elle doit concerner l'ensemble des r&#232;gles et non la seule place du FN. Les chiffres du CSA pour la derni&#232;re &#233;lection europ&#233;enne sont, en .pdf, sur le site de l'Acrimed.[lien inaccessible, 2024]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les faits divers, voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4159.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Flamb&#233;e de faits divers dans les JT depuis dix ans &#187;&lt;/a&gt;. Le barom&#232;tre th&#233;matique de l'INA met en &#233;vidence un recul du traitement des faits divers d&#233;lictueux pour le 1er trimestre 2014. [Line inaccessible, 2024&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : &lt;a href=&#034;http://www. acrimed.org/article4328.html).&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#8220;90' Enqu&#234;tes&#8221; sur TMC : racolages s&#233;curitaires et spectaculaires &#187;&lt;/a&gt;]&#8239;, c'est laisser croire que les rem&#232;des &#224; la d&#233;linquance sont ind&#233;pendants de ceux que requiert la pr&#233;carit&#233; des conditions d'existence d'une part croissante de la population. Et r&#233;duire la lutte contre l'ins&#233;curit&#233; &#224; la traque des d&#233;linquants, comme promet de la renforcer le Front national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique des questions de l'immigration quand elles sont abord&#233;es sous l'angle de son contr&#244;le aux fronti&#232;res, comme c'est trop souvent le cas, ne laisse le choix qu'entre les modalit&#233;s et l'ampleur de ce contr&#244;le. Des probl&#232;mes existent : personne ne songe &#224; le nier. Mais lesquels ? Affirmer ou laisser dire que ce sont des probl&#232;mes pos&#233;s exclusivement aux Fran&#231;ais et non des probl&#232;mes pos&#233;s d'abord aux immigr&#233;s eux-m&#234;mes, dans leurs pays d'origine ou dans leur pays d'accueil, et laisser entendre que les immigr&#233;s sont r&#233;ellement ou potentiellement des envahisseurs, c'est non seulement d&#233;politiser la question des causes de l'immigration et de la situation des immigr&#233;s, mais aussi et surtout alimenter la traque de boucs &#233;missaires, comme sait le faire le Front national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique de l'islam, &#224; la diff&#233;rence de celui qui est r&#233;serv&#233; &#224; d'autres religions, est trop souvent domin&#233;, non par une &#233;tude raisonn&#233;e de l'islam, mais par la d&#233;nonciation de ceux qui le pratiquent. Affirmer ou laisser dire que les citoyens musulmans se d&#233;finissent exclusivement par une religion que l'on condamne sans m&#234;me informer sur elle, c'est les traiter comme des citoyens au rabais. Affirmer ou laisser dire que cette religion est, &#224; la diff&#233;rence de toute autre, une anomalie, c'est affirmer (ou du moins laisser entendre) que cette religion met en p&#233;ril une pr&#233;tendue identit&#233; nationale. Et sous couvert de combattre les fanatismes qui se r&#233;clament de l'islam (&#171; l'islamisme &#187;), sugg&#233;rer (le cas &#233;ch&#233;ant en prenant des gants) que c'est la pratique de l'islam qui, intrins&#232;quement, est potentiellement fanatique, c'est jeter la suspicion sur des millions de croyants. Ce faisant, les m&#233;dias qui entretiennent cette stigmatisation (ou simplement ces pr&#233;jug&#233;s) alimentent des phobies, des peurs ou des haines et l&#233;gitiment, ouvertement ou en sourdine, les d&#233;clarations fracassantes, x&#233;nophobes et discriminatoires du Front national[[Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3928. html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les obsessions islamiques de la presse magazine &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/ article4359.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Mont&#233;e du FN : &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; fait son autocritique &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voire leur pr&#233;sentation totalement biais&#233;e. Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/ article4350.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'opinion selon BVA : Marine Le Pen progresse... en r&#233;gressant &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur son blog [&#171; Le triomphe &#233;lectoral du FN en trompe l'&#339;il &#187;, &lt;a href=&#034;http://libelalettredorion.blogs.liberation.fr/mon-blog/2014/05/nous-sommes-myope-face-&#224;-la-victoire-du-fn.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://libelalettredorion.blogs.liberation.fr/mon-blog/2014/05/nous-sommes-myope-face-&#224;-la-victoire-du-fn.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
